ARTISTE:

PANTERA

(ETATS UNIS)
TITRE:

VULGAR DISPLAY OF POWER

(1992)
LABEL:

ATLANTIC RECORDS

GENRE:

HEAVY METAL

TAGS:
Chant éraillé
""
VAL (28.08.2009)  
5/5
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Est-il encore nécessaire de présenter cet album ? Véritable institution du métal, "Vulgar Display Of Power" peut se targuer d'être l'une des galettes les plus influentes du genre ; une influence loin d'être usurpée. Après le succès de "Cowboys From Hell", essai transformé dans la cour des grands, les quatre cowboys en question remettent le couvert, bien décidés à pousser le plus bouchon plus loin. Le bouchon est aujourd'hui en orbite, car en 1992, il fallait une paire en fonte pour oser faire un disque de métal : l'hégémonie du thrash n'était plus alors qu'un souvenir, et c'est un genre tout entier qui sombrait peu à peu. Mais ça n'a pas suffi à décourager le combo texan, pour qui les effets de mode ne sont rien. Toujours encadré par Terry Date, il entre en studio avec confiance et détermination. Le résultat fait aujourd'hui partie de l'Histoire.

Dès le premier riff, l'enjeu est clair : ralentir le tempo, insuffler du groove, durcir le ton. Anselmo a rangé son falsetto pour de bon, Darrell se livre tout entier à son instrument, et le duo Rex/Vinnie, ferme et implacable, élabore la trame solide sur laquelle va reposer tout l'album. "Mouth For War" est un opener comme on n'en fait plus, énervé et puissant, qui s'achève sur une accélération terrible. Mais comme tout opener, il n'est toutefois que la partie visible de l'iceberg, le glaçon à la surface du verre de whisky. "A New Level", of confidence and power : effectivement. Pantera est un nouveau groupe, et "Cemetary Gates" est bien loin. Dur, incisif, brutal, syncopé, c'est une nouvelle école du métal qui ouvre ses portes. Anselmo est au bord du growl, débitant des textes hargneux comme un rap, à la limite de l'ego trip, mais comment lui reprocher ? "Walk" enfin, qui sera le deuxième single extrait de l'album, et dont sera aussi tiré un EP l'année suivante, est un mythe à lui tout seul. Le riff est incomparable, le phrasé d'Anselmo est parfait, le solo bref mais rock'n'roll, et le final halluciné est carrément hypnotique. La messe est dite. L'album aurait pu s'arrêter là et apporter la gloire à ses auteurs, mais ce n'était qu'une mise en bouche.

Car "Fucking Hostile" (peut-on faire plus explicite) est là pour nous rappeler que le thrash n'était pas qu'une mode. Sans prévenir mais en frappant (et dur), Pantera fait route, toutes voiles dehors, vers sa propre légende. Encore une fois, le riff est monstrueux et Anselmo harangue l'auditeur, pauvre fétu de paille ballotté au gré de la double pédale. Monstrueux ! Ce morceau à lui seul vaudra le label "Parental Advisory" dont le groupe est décoré pour la première fois. "This Love" démarre de façon étonnamment calme, et l'on se dit qu'après ces 4 morceaux d'une violence rare, le groupe va enfin mettre la pédale douce. Anselmo chante plutôt qu'il ne braille, Darrell joue tout en feeling, on y croit... jusqu'au refrain. Le fantasme de la power ballade s'estompe peu à peu, et finit par disparaître (presque) complètement après le deuxième refrain, qui lance un riff tonitruant, puis le morceau sombre dans la noirceur la plus complète. De nouveau, Pantera hypnotise par sa lourdeur, du jamais-entendu pour l'époque. Le solo est, à l'image de son auteur, devenu culte. Nouveau refrain, nouveau riff, et de manière tout aussi incroyable qu'inattendue, le groupe parvient encore à ralentir, et à s'alourdir. Petit final en fade-out, Darrell fait pleurer sa gratte...

...mais ce n'est pas terminé. "Rise" débute sur deux riffs titanesques, et on sait à ce moment qu'on va vraiment prendre cher en écoutant cet album d'une traite. Le travail rythmique est tout simplement bluffant, et nos quatre allumés se jouent des breaks et autres accélérations avec une aisance qui fait presque peur. L'hypnose se poursuit, avec pour décor une ligne de basse à faire trembler les murs, sur laquelle Darrell dépose un solo virtuose et groovy à la fois, se payant même le luxe d'y insérer de la rythmique. Du grand n'importe quoi, mais réalisé avec une maîtrise fascinante. "No Good (Attack The Radicals)", qui vaudra à Anselmo son tatouage cervical, est une nouvelle démonstration. Original, surprenant, groovy, doté d'un refrain imparable. Anselmo y est à la parade, alternant entre couplets rappés et ces phases énervées dont il a le secret. Son timbre est iconique, son phrasé inégalé à ce jour. Rex et Vinnie font preuve d'une entente qui dépasse l'entendement, et Darrell est déjà au paradis du métal.

Les deux morceaux suivants, "Live In A Hole" et "Regular People (Conceit)" suivent le même chemin : un groove démoniaque, des effets et sonorités venus d'ailleurs, et une osmose dans la lourdeur qui force le respect. A ce stade, Pantera n'est déjà plus un 'simple' groupe. On imagine les fans de heavy de l'époque, élevés au NWOBHM et au thrash, frappés d'un mélange de stupeur et d'effroi à l'écoute de cet album. De plus, il est important de mettre en exergue les textes, qui diffusent une certaine idéologie aux antipodes de la violence bête et méchante ou des délires heroïc-fantasy propres au métal des années 80. La musique sert de porte-voix à Anselmo, qui en véritable tribun du trottoir, éduque ses ouailles, tout ouïes. "By Demons Be Driven", un peu moins notable que les autres, est un morceau de heavy assez classique, avec solo criard et basse ronflante, mais dont le final, encore une fois, possède cette qualité hypnotique que Pantera institue avec cet album comme une marque de fabrique.
Pour terminer, Darrell décide que c'en est assez, et apporte le coup du grâce avec une power ballade dans la veine de "Cemetary Gates", et sur le même thème, la perte d'un être cher. Mais contrairement au titre en question, qui jouait cette carte jusqu'au bout, le morceau s'interrompt brutalement sur un hurlement de guitare, et l'agression reprend de plus belle ! Démentiel ! Le morceau sera d'ailleurs joué en medley avec "Domination" sur toutes les tournées suivantes.

Il est temps de conclure. Et comment le faire autrement qu'en célébrant avec révérence ce disque qui demeure, 17 ans après sa sortie (!), aussi impérial qu'il l'était à l'époque ? Avec "Vulgar Display Of Power", Pantera fait état d'un jusqu'au-boutisme et d'une identité que le groupe préservera jusqu'à la fin de sa carrière. Loin des courants et de l'influence des médias, quatre musiciens en état de grâce livrent ici une œuvre aboutie, qui se réalise dans l'excès. Pour l'anecdote, sachez d'ailleurs que la fameuse image de la pochette est réelle : un brave volontaire fut payé 300$ par des responsables du label pour encaisser des coups de poings... A dix dollars l'impact, il en fallut donc 30 pour que la photo soit parfaite ! Et c'est à peu près autant que ce que l'auditeur éberlué a l'impression d'avoir pris au sortir d'un tel album. Eprouvant, mais culte.


Plus d'information sur http://www.pantera.com





LISTE DES PISTES:
01. Mouth For War – 03:56
02. A New Level – 03:57
03. Walk – 05:15
04. Fucking Hostile – 02:49
05. This Love – 06:32
06. Rise – 04:36
07. No Good (Attack The Radical) – 04:50
08. Live In A Hole – 04:59
09. Regular People (Conceit) – 05:27
10. By Demons Be Driven – 04:39
11. Hollow – 05:45

FORMATION:
Dimebag Darrell: Guitares
Phil Anselmo: Chant
Rex Brown: Basse
Vinnie Paul: Batterie
   
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