ARTISTE:

DREDG

(ETATS UNIS)
TITRE:

THE PARIAH, THE PARROT, THE DELUSION

(2009)
LABEL:

VERTIGO

GENRE:

ROCK ALTERNATIF

TAGS:
Expérimental, Instrumental, Intimiste, Mélancolique
""
NESTOR (14.08.2009)  
4/5
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Difficile, après le succès critique rencontré par le popisant « Catch Without Arms », de pondre un album qui puisse à la fois conforter les fans inconditionnels et convertir de nouveaux adeptes. C’est pourtant ce à quoi Dredg s’est attelé avec ce nouvel opus au titre si étrange « The Pariah, The Parrot, The Delusion » (le paria, le perroquet et la folie des grandeurs !!). Et force est de constater que le résultat est… excellent.
Le groupe a parfaitement réussi l’amalgame, non pas de l’autorité et du charme, mais de l’ambition artistique et de l’accessibilité.

En effet, on retrouve là des aspects de « El Cielo », probablement leur album le moins conventionnel, mais avec le sens de la mélodie et des arrangements, que l’on pouvait trouver sur « Catch Without Arms ». Ce qui rend l’ensemble bien plus abordable. Le coté un peu élitiste des californiens semble avoir été gommé, sans que l'on puisse voir du mercantilisme dans cette démarche. Alors que par le passé, le groupe semblait chercher à tout prix l’originalité et le contre-pied artistique (ce qu’il faisait avec talent), leur nouveau leitmotiv semble être l’affranchissement décomplexé de toute contrainte artistique et commerciale. Dredg se permet en effet de proposer à la fois un « Saviour », très popisant, limite variété, avec son refrain qui rappel les moments les plus énervés de Crowded House et une rythmique un peu hip-hop qui donne envie de se remuer, et des intermezzos aussi étranges que « R U O K ? », ou aussi aériens et originaux que « Drunk Slide » et ses sonorités idiophoniques, qui introduit le très classique « Ireland ».

On le voit, la variété et l’absence de barrière semblent comme toujours être au cœur de la démarche artistique du groupe. Mais ce qui change c’est que cela est fait avec moins d’ostentation. J’aurai tendance à dire plus de maturité, mais il serait abusif de prétendre que Dredg en manquait par le passé. Il est d’ailleurs surprenant que cette démocratisation de sa musique coïncide avec le fait que, pour la première fois de son histoire, le groupe se soit affranchi de la major qui le gérait, en sortant ce disque via son propre label « Ohlone Recordings ».

De fait, le groupe est à même de nous pondre un titre comme « Pariah » qui, au-delà de son superbe refrain porté par une voix doublée, propose une large variété de sonorités en alternant guitares (légèrement) saturées, voix trafiquées et parties bien plus calmes. Ce titre très accessible verra sa mélodie hanter votre tête rapidement. Avec « Information » aux sons et à la mélodie très ancrés dans les années 80, nous avons le sentiment de nous retrouver en pleine vague post New-Wave anglaise, un peu comme si Ultravox avait continué à évoluer. Les parties de clavier de Dino Campanella sont à la fois sobres et justes, en ce sens qu’elles réussissent à créer une ambiance sans pour autant être envahissantes. Des pièces plus ambitieuses à l’instar de « Qotes », semblent être nées de la fusion de plusieurs titres différents tant les ambiances sont tranchées.

Les réussites sont légions au sein de cet album ; « Gathering Pebbles », un très bon titre aux ambiances jazzy, « Ireland » plus classique dans son interprétation, « I Don’t Know » et sa rythmique omniprésente et ses vocaux très lumineux, ou « Long Days And Vague Clues » et ses vocaux trafiqués. Cette densité semble cependant moins pesante que lors des opus précédents du quartet. En effet, la variété des styles et des tempos est plus homogène, et donne le sentiment d’écouter un album, qui bien que varié, n’en est pas moins cohérent et équilibré, ce qui pouvait être une réelle crainte au regard des 18 titres qui composent cette galette.

Pour ce qui est du style, nous pourrions utiliser le terme d’Alternative-Rock, et citer des groupes comme U2, Crowded House, Oceansize, Radiohead et parfois le Floyd, même s'il serait vain de chercher une filiation directe, mais bien plus une utilisation commune de certaines sonorités et structures de morceaux.

Quelques petits défauts malgré tout, comme le dispensable "Cartoon Showroom" dont l’absence n’aurait pas desservi la fluidité de l’ensemble. Le groupe a précisé qu'alors que ce titre était originellement prévu pour être direct et Rock ‘n Roll, il a changé d’objet lors de sa production pour devenir une « berceuse contemporaine pour adultes ». Peu convaincant. Mais c’est surtout la sobriété de Mark Engles (guitares) qui semble être un vecteur de progression pour le groupe. Difficile en effet de dégager une identité ou une personnalité en terme de guitares pour Dredg, celles-ci se mettant volontairement au service de l’ambiance. Pourtant un riff assassin et quelques soli lumineux de temps en temps auraient certainement permis de rendre le propos du groupe encore plus intéressant.

Au final, si ce « The Pariah... » marquera probablement moins l’esprit des anciens fans dans la durée, il est à même de toucher un plus large public et de démocratiser une musique à la fois exigeante et de qualité, tout en contentant malgré tout ses Die-Hard.


Plus d'information sur http://www.dredg.com/





LISTE DES PISTES:
01. Pariah - 04:07
02. Drunk Slide - 01:27
03. Ireland - 03:41
04. Stamp Of Origin : Pessimistic - 00:50
05. Lightswitch - 03:30
06. Gathering Pebbles - 04:59
07. Information - 05:45
08. Stamp Of Origin : Ocean Meets Bay - 00:30
09. Saviour - 03:56
10. R U O K ? - 02:12
11. I Don't Know - 03:45
12. Mourning This Morning - 05:41
13. Stamp Of Origin: Take A Look Around - 00:58
14. Long Days And Vague Clues - 01:52
15. Cartoon Showroom - 04:18
16. Quotes - 06:04
17. Down To The Cellar - 03:41
18. Stamp Of Origin: Horizon - 02:20

FORMATION:
Dino Campanella: Batterie / Piano
Drew Roulette: Basse
Gavin Hayes: Chant / Slide Guitar
Mark Engles: Guitares
   
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