ARTISTE:

TED NUGENT

(ETATS UNIS)
TITRE:

WEEKEND WARRIORS

(1978)
LABEL:

EPIC

GENRE:

GUITAR HERO

TAGS:
Guitar-Hero, Old School
""
NIURK (30.06.2009)  
4/5
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Le génie est une notion bien complexe à cerner, tenez, prenons Ted Nugent, par exemple (au hasard !) : véritable bête de scène, guitariste émérite, compositeur inspiré, bon vocaliste. Sur le papier l’homme semble avoir tout pour réussir le chef-d’œuvre absolu à chacune de ses sorties. Un constat qui ne peut être que renforcé lorsqu’on observe une première partie de carrière aussi brillante que fut la sienne. Et pourtant, le voici arrivé avec Weekend Warriors, et après seulement 3 albums, à ce que certains appelleront le début de la fin, et d’autres la fin du début !

Il faut dire qu’il y a dans la plupart des groupes des signes qui ne trompent pas, et chez le Nuge, ce signe se nomme Derek St. Holmes. Acolyte des premières heures, guitariste rythmique et surtout chanteur sur les deux plus grandes œuvres de son compagnon d’armes, si Derek ne signait que très peu de compositions de son nom, il jouait par contre un rôle déterminant dans leur conception et dans leur rendu final grâce à son chant. Derek donc a quitté le navire, fatigué sans doute de ses désaccords récurrents avec l’excentrique Ted, et a été remplacé par Charlie Huhn.

Deux groupes de fans s’affronteront donc sur cet opus : ceux qui voient dans Weekend Warriors les derniers grands hymnes du maestro avant bien longtemps, et ceux qui pensent que tout est déjà fini, mort et enterré. Votre serviteur appartient sans conteste à la première catégorie, car si après un Cat Scratch Fever tonitruant cette nouvelle offrande fait pâle figure, il n’en reste pas moins qu’elle contient quelques pépites et autres titres de très bonne facture.

Commençons par les perles que sont "Venom Soup" et "Smokescreen", deux merveilles placées au cœur de l’album qui voit le Nuge se surpasser à nouveau. La première d’entre elles est indiscutablement un monument du Hard-Rock mélodique, débutant sur une introduction saisissante, et se poursuivant sur une atmosphère sombre parfaitement maîtrisée. La seconde repose sur un riff hypnotique à souhait et un rythmique mid-tempo qui lui confère une cadence de marche implacable particulièrement entraînante.

Du côté des excellents titres hard-rock que nous propose cette galette, on peut citer en premier lieu le morceau d’ouverture "Need You Bad" et son gros groove qui fait sérieusement taper du pied, l’excellent mid-tempo "One Woman" très bluesy et parcouru d’un solo de très bonne tenue. Weekend Warriors balance encore efficacement, les deux très bons "Good Friends With A Bottle Of Wine" et "Name Your Poison" venant conclure l’œuvre de fort belle manière.

Reste les points noirs indiscutables, ceux qu’on aurait aimé ne jamais avoir à énumérer mais qui s’imposent ici avec une cruelle évidence : la présence de trois titres véritablement faibles tout d’abord, à savoir un "I Got The Feelin’" pressé et moyen sauvé par ses breaks et soli, rejoint par un "Cruisin’" qui égraine sa médiocrité sur le même rythme précipité, pour un rendu plaisant mais pas inoubliable loin s’en faut, et un "Tight Spots", qui lorsqu’on l’écoute avec attention fait ressortir la ligne mélodique de "Cat Scrath Fever" sans en revêtir le talent.

Ensuite, on notera que n’est pas Derek St. Holmes qui veut, et l’ami Charlie a beau se démener il ne transcende pas les compositions comme savait le faire son prédécesseur. Fait plus étonnant, on notera enfin que la production a perdu en netteté et en précision. Alors qu’on pourrait s’attendre à adresser ce type de reproche au premier jet d’un groupe, c’est ici sur la 4e marche de son ascension que Ted aura trébuché, ceci étant peut-être le signe d’un attachement plus grand à la scène qu’au studio.

Le suspense avait été levé dès le début de cette chronique : non, cet album n’est pas absolument mauvais et le Nuge a encore deux ou trois choses intéressantes à dire. C’est en définitive un sentiment de frustration qui nous anime, l’auditeur ne pouvant s’empêcher de repenser à ce qu’on lui a servi sur un plateau d’argent pendant 4 ans durant. Le menu du jour est donc faible ramené à celui de la veille, mais très correct une fois considéré pour lui-même. Indéniablement Ted franchit ici un cap, déjà fatal pour certains, encore excusable pour d’autre, à vous de vous faire votre propre idée !


Plus d'information sur https://www.facebook.com/tednugent





LISTE DES PISTES:
01. Need You Bad - 04:18
02. One Woman - 04:06
03. I Got The Feelin' - 03:02
04. Tight Spots - 02:55
05. Venom Soup - 05:49
06. Smokescreen - 04:15
07. Weekend Warriors - 03:07
08. Cruisin' - 03:27
09. Good Friends And A Bottle Of Wine - 04:04
10. Name Your Poison - 04:30

FORMATION:
Charlie Huhn: Chant / Guitares
Cliff Davies: Batterie
David Hull: Basse
John Sauter: Basse
Ted Nugent: Chant / Guitares
   
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