ARTISTE:

DANIEL CAVANAGH

(ROYAUME UNI)
TITRE:

MONOCHROME

(2017)
LABEL:

KSCOPE

GENRE:

ROCK ATMOSPHERIQUE

TAGS:
Intimiste, Mélancolique
""Monochrome" plonge l’auditeur dans une rêverie mélancolique d’où il n’a guère envie de s’extirper."
CORTO1809 (24.11.2017)  
4/5
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Ce qui est bien, avec le style musical dit "atmosphérique", c’est qu’il est assez facile à décrire. Tempos oscillant entre lents et très lents, minimalisme de l’instrumentarium, chant le plus souvent mezzo voce, mélodies lancinantes et répétitives, autant de procédés pour installer une ambiance intimiste, feutrée, mélancolique et propice à la rêverie. En l’occurrence, le célèbre adage s’avère on ne peut plus approprié : si la critique est facile, l’art est difficile. S’il est simple à définir, il est beaucoup plus compliqué de réussir un bon disque d’atmosphérique.

Assurément, le premier album solo de Daniel Cavanagh se réclame de cette école qui est aussi celle de son groupe d’origine qui vient de sortir cette année un album fort apprécié de la rédaction de Music Waves, "The Optimist". Comment va se sortir le chanteur et multi-instrumentiste d’Anathema d’un exercice où il est facile d’entraîner l’auditeur au fin fond de l’ennui ?

Car là réside le principal écueil d’un genre très balisé. Dans l’atmosphérique, tout est question de dosage. Il faut que les mélodies soient suffisamment répétitives pour devenir lancinantes mais pas trop pour éviter d’être ennuyeuses. Il faut que le tempo soit lent et l’accompagnement instrumental minimaliste pour inviter à la rêverie mais pas à la somnolence. Que l’interprétation soit suffisamment mélancolique pour créer une sensation de nostalgie mais qu’elle ne sombre pas dans le pathos et le ridicule. Bref, tout artiste s’adonnant à cet exercice est toujours sur le fil du rasoir et un rien peut faire basculer un album de la réussite à l’échec.

Mais Daniel Cavanagh maîtrise tous les codes du genre. Contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre, "Monochrome" se pare d’une infinité de couleurs, toutes dans des tons pastel, il est vrai. Minimaliste, lent, confidentiel et mélancolique, l’album est tout cela. Mais il est également truffé de variations qui viennent réveiller à intervalles réguliers l’intérêt de l’auditeur : crescendo paroxysmique (‘The Exorcist’, ‘Soho’),  chant féminin magnifié (très belle prestation toute en nuances d’Anneke van Giersbergen sur ‘This Music’, ‘Soho’, ‘Oceans of Time’), violon délié (‘The Silent Flight Of The Raven Winged Hours’, ‘Dawn’).

Le maître des lieux soutient un chant à la mélancolie sincère de notes de piano aussi cristallines que squelettiques (un enfant de cinq ans serait capable de jouer pratiquement tous les thèmes), d’arpèges de guitare diaphanes et de quelques interventions de basse et de percussions bien senties. La musique s’avère cinématique, évoquant tour à tour un paysage brumeux et matinal, des étendues d’eau sur lesquelles point un soleil timide (‘Soho’) ou des paysages sablonneux, des muezzins et des minarets (‘The Silent Flight Of The Raven Winged Hours’).

S’il fallait faire un reproche à l’album, ce pourrait être de faire se succéder les différents thèmes sans jamais chercher à les entrecroiser ou les superposer. Mais la sensibilité de l’interprétation et le jeu délicat des crescendos-decrescendos font oublier que l’album aurait pu être encore plus réussi. Au final, "Monochrome" plonge l’auditeur dans une rêverie mélancolique mais sans tristesse d’où il n’a guère envie de s’extirper.


Plus d'information sur https://www.facebook.com/daniel-cavanagh-30190730539/





LISTE DES PISTES:
01. The Exorcist (06:43)
02. This Music (04:50)
03. Soho (07:39)
04. The Silent Flight Of The Raven Winged Hours (09:03)
05. Dawn (02:42)
06. Oceans Of Time (08:14)
07. Some Dreams Come True (08:34)

FORMATION:
Daniel Cavanagh: Chant / Guitares / Basse / Claviers / Batterie
Anna Phoebe: Invité / Violon (4,5)
Anneke van Giersbergen: Invité / Chant (2,3,6)
   
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(1) COMMENTAIRE(S)    
 
 
PHOTOGRAPHISTE
24/11/2017
  0
Autant le dernier Anathema (groupe dont je suis fan) me comble malheureusement d'ennui, et le dernier groupe d'Anneke Van Giesbergen (VUUR) ne me procure strictement aucun frisson, autant cet album solo de Daniel Cavanagh me donne des frissons et est une pure merveille de nostalgie. J'adhère à 200%.
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LECTEURS:
4/5 (1 avis)
STAFF:
4/5 (6 avis)
MA NOTE :
 
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