... Qalmeto a une grosse ambition et le prouve clairement avec "Scomota". En effet, après un premier EP "Sors" sorti en 2020, le sérieux quatuor qui ne se prend pas au sérieux revient avec un premier album long format de rock en français qui a vocation à lui faire passer un palier...
Quelle est la question qu’on vous a trop souvent et à laquelle vous auriez marre de répondre ?
Raphaël James : "C’est quoi ton vrai métier ?" (Rires)… comme si ce n’était pas un vrai métier… Mais nous sommes tous intermittents !
Qamelto est un nom issu du zoulou (cela veut dire "c’est cool"), pour un groupe de Clermont-Ferrand qui dans son album use d’une ambiance celtique dans le morceau ‘Légion’. Vous êtes décidément un groupe citoyen du monde. C’est une force que d’être aussi insaisissable géographiquement ?
Raphaël : On ne va pas se mentir : on n’est pas allés aussi loin dans la réflexion (Rires) ! Pour te répondre, on voulait un nom qui s’écrive d’une certaine manière et qu’on ne puisse pas trouver autre chose que nous quand tu fais une recherche sur Google : d’où l’écriture du nom sans le "u" après le "q" par exemple !
Il se trouve que je suis professeur de capoeira -qui est un art afro-brésilien- et du coup, la connotation afro du nom a bien percuté en moi et on s’est dit que c’était cool d’avoir un nom qui ne veuille rien dire en France et qui serait facilement identifiable.
Et concernant les touches celtiques, c’est tout simplement parce que Thomas -notre guitariste- a joué pendant des années dans le milieu celtique et du coup, il est forcément imprégné de ça.
Thomas Hegay : Notre référence sur cette influence est "Braveheart" et j’avais envie de faire un truc qui change un petit peu et qui serait fédérateur. Et la cornemuse, c’est l’instrument par essence de guerre parce qu’au départ -il y a 1.500 ans-, ils ne savaient pas d’où venait ce bruit… J’ai fait longtemps de la musique celtique et j’ai recherché d’où ça venait, ça faisait un bruit énorme et les clans contre lesquels ils allaient se battre n’allaient pas se battre parce qu’ils se demandaient d’où venait ce bruit et ça réglait le problème assez rapidement… Et comme j’adore ça, je voulais faire un truc comme ça…
Raphaël : Tout ce mélange vient de là et comme on vit dans un monde qui est assez cosmopolite, ça colle relativement bien.
Pour votre album, vous avez fait une campagne de financement qui a bien fonctionné, pourquoi vous lancer tout de suite dans cette formule et à quoi attribuez-vous cette réussite ?
Raphaël : Pour être très honnête, on n’était pas trop chauds, surtout moi qui avais l’impression de faire le mendiant. A tort ! Justement, des professionnels nous ont expliqué que c’était important de le faire -même si tu as le budget- parce que c’est aussi comme ça que tu fédères et inclus les gens dans le projet.
Thomas : Et on avait quand même une petite base de fans : 4.000 ! Et on s’est dit que si 5% -ce qui est déjà un chiffre énorme- participe, ça serait super ! On voulait tester sachant qu’on n’avait strictement à perdre !
Raphaël : On a fait une
release party le 2 mars en priorité pour ceux qui avaient participé au c
rowdfunding. Et on n’a jamais cessé d’intégrer les gens dans la réflexion -classement de nos titres…- on était en relation du début à la fin avec un panel de fans, on ne voulait pas seulement que les gens soient là juste pour acheter des albums, on voulait partager un truc au-delà de ça !
Quand on a fait l’album, la question s’est posée si ça valait encore la peine de faire un album physique
A ce titre, l’album physique semble particulier à votre cœur car attaché à une toile d’un artiste peintre, un format très singulier. Qui a eu cette idée et d’où vient votre attachement à ce support physique à l’heure de la dématérialisation ?
Raphaël : Ça s’est fait sur la tournée qui a suivi notre premier EP en 2022-2023. On vendait des EPs et les gens nous disaient qu’ils nous achetaient nos EPs même s’ils n’avaient pas de quoi les écouter : ils voulaient nous soutenir ! C’est chouette, c’est cool de se sentir soutenu mais ça nous faisait chier ! Et quand on a fait l’album, la question s’est posée si ça valait encore la peine de faire un album physique et s’il ne fallait pas seulement rester en digital. Et si on devait faire un album physique, il fallait que ça soit marquant et que ça serve à quelque chose : s’ils ne pouvaient pas l’écouter, au moins ça ferait un objet de décoration !
Mais concrètement qui a eu cette idée ?
Jérémy Hegay : C’est moi (Rires) !
Raphaël : Ce sont les chansons qui nous ont aiguillés. Quand on a vu qu’on avait les chansons ‘Lunia…’ et ‘… Amédée’ qui sont au milieu de l’album -ce qui est un choix stratégique- et qui sont reliées et parlent de l’histoire d’un peintre avec sa muse et une histoire d’amour tout autour de ça, on s’est demandé si ça ne pouvait pas être le fil conducteur ! Du coup, on est partis là-dessus…
Vous revendiquez le record du monde qui est celui de faire dire "Ferme ta gueule" à plus de 25.000 personnes simultanément ! Dans quelles circonstances et à qui est ce que c’était destiné ?
Raphaël : ‘Ferme ta gueule’ est une chanson du premier EP. L’idée était d’avoir une chanson un peu rebelle et rigolote parce qu’on aime le second degré - on a tous envie à un moment donné de lâcher un gros ‘Ferme ta gueule » à quelqu’un…
Jérémy : … Pour mille raisons et ça concerne toutes les générations, parce que les gamins qui viennent avec leurs parents ont le droit cette fois-ci de le dire (Sourire)….
Raphaël : Quand on l’a fait pour la première fois en concert, on s’est dit que l’idée était que le public crie une fois "Ferme ta gueule" et maintenant, en concert, on a ouvert un concours qui s’appelle le concours "Ouvre ta gueule" : j’ai un sonomètre et je me mets au milieu du public qui a trois chances pour faire le plus gros score !
Et on a été sélectionné pour faire la première partie du Dj Kungs au Puy-de-Dôme, on ouvre donc pour lui devant 25.000 personnes et on a enquillé le "Ferme ta gueule" : c’était incroyable !
On parle de concerts, depuis 2021, vous avez fait plus d’une centaine de concerts. Comment avez-vous réussi cette prouesse là où d’autres galèrent à en faire une dizaine par an ?
Raphaël : On est tout simplement les meilleurs (Rires) ! Non, non, en vrai, je m’occupe beaucoup du démarchage et je suis un acharné : je ne lâche pas l’affaire ! Je passe des heures à faire des mails et je relance tant que je n’ai pas de réponse et je fais donc beaucoup de relances (Rires) !
Jérémy : Mais ça fait aussi dix ans qu’on est dans le métier -pas avec ce groupe qui est tout jeune : on a quand même pas mal baroudé- : on a donc quelques contacts !
La seule pression que l’on a est d’arriver le plus rapidement possible à vivre que de Qamelto
Pour ce premier album vous avez signé chez M&O. Outre cette collaboration, avez-vous ressenti une certaine pression au moment de sortir cet album ?
Raphaël : Comme toute sortie d’album, tu as la pression de te dire qu’il faut que ça marche !
Jérémy : Je dirais plus de l’excitation !
Raphaël : C’est vrai que c’est plus de l’excitation que de la pression ! En vrai, la seule pression que l’on a est d’arriver le plus rapidement possible à vivre de Qamelto pour pouvoir vivre le truc à 200%. La pression est plus financière qu’autre chose finalement parce que l’investissement est gros et si on investit tout ça pour rien, c’est chaud ! Mais en vrai, d’ores et déjà, on sait qu’on ne l’a pas fait pour rien parce qu’on a capté le public, il s’est passé un truc avec le public…
Thomas : Il y a de plus en plus de gens aux concerts…
Jérémy : Il y a eu une progression dans les dates…
Raphaël : Et on a eu quelques chroniques et on n’a pas encore eu de mauvais retours. Même si on ne va pas exploser avec cet album, pour l’instant, on a fait le taf et ça prend forme !
On est sérieux sans se prendre au sérieux !
Vous maniez aisément rock et paroles choc notamment dans ‘La plus grosse’ qui dénonce cette concurrence dans le monde du travail, les ambitions, la réussite et le fait de la montrer… mais sous une forme assez festive. En quoi cette forme ne trahit pas vos paroles plutôt engagées ?
Raphaël : En fait, on aime bien se dire qu’on est sérieux sans se prendre au sérieux ! Tu vois bien depuis le début de cette interview, dès qu’on peut placer une connerie, on le fait et c’est ce qui se passe sur scène et c’est qu’on veut que le groupe transpire.
On a commencé à jouer ‘La plus grosse’ avant de sortir le clip et l’album. On a eu peur parce qu’on a senti que certaines personnes l’avaient pris au premier degré et c’est la raison pour laquelle on a accentué le second degré sur le clip.
Dans l’idée, on aime bien balancer des
punchlines, on aime également les recevoir - parce que ça doit marcher dans les deux sens - et quand on voit les mecs qu’on dénonce, ça nous fait marrer parce qu’on en connaît tous ! Et on doit sûrement l’être aux yeux d’autres…
Thomas : On est toujours le con d’un autre…
Raphaël : Musicalement, ‘La plus grosse’ est limite metal il y a de gros riffs, c’est assez bourrin et avec cette musique, tu ne peux pas faire un truc genre : "Joséphine, je t’aime" !
Thomas : C’est un peu ce qu’on voit dans le rock français, des paroles très poétiques et ce n’est pas ce que nous voulons entendre -ça ne va pas avec notre musique- et on ne le fera pas aussi bien que les bons groupes qui le font…
Vos atmosphères tirent leurs influences de l’énergie de Shaka Ponk à l’esprit rock développé par Foo Fighters. Shaka Ponk tirant sa révérence, avez-vous pour ambition de prendre la relève ?
Raphaël : Mais c’est déjà fait (Rires) !
Thomas : Le but du jeu n’est pas d’être des méga-stars mais de faire notre métier dans les meilleures conditions possibles !
Raphaël : Et de faire des putains de scènes !
Thomas : Justement, on est allés les voir sur leur dernière tournée parce que c’est une référence. Et quand tu les regardes avec d’un œil du métier -le
show, les
lights…- si tu as assez de budget pour te payer les techniciens pour faire ça : c’est le rêve ! Le but est d’avoir les moyens pour pouvoir mettre nos idées à la con en pratique !
Raphaël : Mais c’est vrai que Shaka Ponk reste la référence pour nous parce que c’est la calotte à chaque fois ! C’est le meilleur groupe rock français, de loin… Et ce qu’on a pris en pleine tête lors de leur dernier concert, c’est que tu n’as pas pratiquement pas de pause…
Thomas : Tu es chopé directement dès le premier titre et tu arrives à la fin du concert : tu es rincé ! C’est une énergie qu’on adore !
‘Vangeur’ et son intro sonne un peu old school, très orienté 1980. Il y a une forme de nostalgie dans votre approche, est-ce que vous comprenez ce ressenti ?
Jérémy : Je comprends mais ce sont nos influences qui ressortent.
Raphaël : Mais honnêtement, on n’a aucune notion de ça…
Thomas : En fait, je n’ai pas du tout pondu ce morceau comme ça. Je l’ai pondu en rapport avec le texte qui évoque deux frangins au Canada qui sont allés chercher dans les dossiers de la police où étaient les pédophiles de leur quartier pour aller les éclater. Tu ne sais pas où se trouvent ce genre d’anges vengeurs… Et dans cet esprit, comme ces anges vengeurs tombent n’importe quand, j’ai fait une intro où on ne s’attend jamais à entendre telles ou telles notes de musiques qui tombent un peu n’importe comment. Mais à aucun moment, je me suis dit que ça me faisait penser à quelque chose des années 1980, j’ai plutôt vu cette ambiance coup de marteau, un peu divin qui tombe sans que tu t’y attendes…
On en un peu parlé, l’album contient deux titres qui sont liés 'Lunia…' -qui évoque l’abandon sous une forme de mélancolie- et '… Amédée' -plus dynamique, parlant du fameux tableau, évoquant le peu d’attention que l’on porte à l’autre. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous souhaitiez souligner avec ces compositions ?
Thomas : La première idée était que je voulais écrire une chanson qui parle du même thème mais de deux points de vue différents…
… vous n’en aviez pas prévu une troisième comme Extreme ?
Thomas : Non, non, il n’y a pas “Tree Sides to Every Story” : il n’y en que deux !
Raphaël : Pour la petite parenthèse, je vois que tu es fan d’Extreme, tu sais qu’on a fait une petite reprise en français ?
Ah non…
Raphaël : Et bien, tu iras voir ça sur la chaîne YouTube
Thomas : … Où nous avons repris ‘Rise’ à notre sauce suite au concours ouvert par Nuno.
Et pour en revenir à ‘Lunia…’ et ‘… Amédée’, l’idée était celle que je t’ai donnée. J’avais écrit ce thème il y a des années entre une spectatrice et un comédien et Raphaël a décidé de faire autre chose parce que ça pouvait être mal interprété et donc on est partis sur l’artiste peintre -en même temps qu’on réfléchissait à cette pochette- mais sous l’angle des actes manqués.
Raphaël : Ce sont effectivement deux histoires : elle est amoureuse et ne vit qu’à travers lui mais ne voit pas le retour d’attention qu’elle espère. C’est suggéré mais l’histoire est qu’elle se suicide avant de voir le tableau qu’il a peint d’elle. Il est tellement dans sa peinture qu’il ne capte pas. Il y a une sorte de pudeur dans ses sentiments où pour lui la façon de s’exprimer est la peinture et non les mots. Et au moment où il dévoile le portrait qui la représente, c’est trop tard… Et l’histoire continue avec lui qui continue à peindre des portraits d’elle alors qu’elle n’est plus là…
Jérémy : Je viens enfin de comprendre : elle est bien cette interview (Rires) !
Et finalement, on a est à l’opposé de ‘Ferme ta gueule’ dont on parlait tout à l’heure, dans le cas présent, il aurait fallu l’ouvrir…
Raphaël : Exactement ! En vrai, on est tous des sentimentaux et l’idée était de se dire que même si Qamelto envoie du bois et que ce n’était pas pour faire des chansons d’amour…
On s’est dit qu’on pouvait faire une histoire d’amour sans que ce soit à l’eau de rose…
Ces deux chansons sont effectivement antinomiques avec ce que vous me disiez en introduction de cette entrevue…
Raphaël : Exactement, mais on s’est dit qu’on pouvait faire une histoire d’amour sans que ce soit à l’eau de rose…
Il y a presque une approche conceptuelle dans cet album, que ce soit au niveau de la variété des compositions ou dans cette volonté de laisser une place importante à l’expression musicale -on peut reparler de ‘Amédée’ presque progressif mais aussi du dernier morceau ‘Scotoma’ presque totalement instrumental, un peu à la manière d’un Malemort…
Thomas : … Tiens, que j’ai découvert il y a deux jours…
… Cela fait partie de votre recherche pour vous émanciper des étiquettes qu’on peut vous coller ?
Raphaël : Ce qui est important quand on compose et surtout quand on commence à mettre les compos ensemble pour voir ce que ça donne sur un EP ou un album, on fait hyper attention aux tonalités, aux tempos, au groove… pour qu’il n’y ait pas une chanson qui ressemble à une autre.
Nous sommes musiciens avant tout
Un exercice qui sera de plus en plus difficile au fur et à mesure de l’existence de Qamelto et des compositions déjà créées…
Raphaël : Peut-être, mais peut-être qu’on arrêtera… Peut-être que le jour où on n’arrive pas à se renouveler, il faudra prendre des décisions ou passer la composition à quelqu’un d’autre.
Thomas : Ou faire comme certains grands artistes comme Elton John qui depuis 25 ans ne tournent qu’avec ses anciens morceaux parce que les gens ne veulent écouter que ça et pas de nouveauté…
Raphaël : On fait attention à ça : on ne veut pas que les chansons se ressemblent, on fait très attention au placement de l’ordre… mais ce qui est également important, c’est d’avoir une patte -que notre musique soit à peu près reconnaissable- et qu’on soit content de ce qu’on joue… Il y a un morceau sur le premier Ep ‘F.T.G !’ dont j’ai fait une première mouture tout seul dans mon coin, que j’ai envoyée à Thomas et cette première version n’a rien à voir avec ce que tu peux écouter aujourd’hui. Tu vois c’est ce qui se passe, on présente nos idées à Thomas qui a la patte Qamelto : c’est très important que ça repasse par lui pour qu’il y ait un fil rouge entre les compos. Je m’occupe des textes à 80%...
Thomas : Mais pour reprendre ta question, nous sommes musiciens avant tout et c’est assez particulier en France parce que les plus gros groupes en France comme Noir Désir ou Eiffel ont une culture littéraire où tous les mots sont importants : quand tu écoutes Georges Brassens, tu ne prends pas une calotte musicale mais ce sont les mots ! Notre culture musicale est anglo-saxonne !
On ne dit plus qu’on fait du rock français mais on fait du rock en français !
A cet égard, le français n’est pas une langue rock en soi, n’est-ce pas compliqué parfois de mettre des mots qui sonnent sur votre musique ?
Raphaël : Je suis un chanteur qui a été élevé avec Bon Jovi, Aerosmith, avec des lignes de chants hyper-mélodiques, hyper compliquées… Ce n’est pas à la portée de n’importe qui de chanter du Aerosmith ! Et ce qui m’embêtait beaucoup avec le rock français et notamment Trust, c’est que c’est très monotone et ça me dérange parce que je n’ai pas l’impression que la voix est un instrument !
Jérémy : D’ailleurs, ça nous a amenés à changer le discours à savoir qu’on ne dit plus qu’on fait du rock français mais on fait du rock en français !
Raphaël : On a pris dans la gueule le fait qu’on ne faisait pas de rock français parce que pour le public, le rock français, c’est Trust ou Noir Désir…
A défaut de Noir Désir ou Trust, on évoquait vos influences celtes, Matmatah fait-il partie de vos influences ?
Raphaël : Tu peux y aller : il n’y a pas de souci ! Matmatah, c’est une tuerie ! Va chanter ‘Lambé an dro’ ou ‘Emma’, ça chante extrêmement bien !
Thomas : Quand on parle rock, on pense aussi à tous les trucs punk comme les Bérurier Noir et clairement, on n’aime pas ça…
Comme la lambada…
Thomas : (Rires) On a compris avec les années et spécifiquement en France, c’est ça qui marche : on a joué plusieurs fois avec les Ramoneurs de Menhirs, c’est tout le temps blindé !
Un des défis est qu’il fallait absolument retranscrire cette même énergie du live sur le disque !

Les gens recherchent une énergie propre à ces groupes…
Raphaël : C’était d’ailleurs un des défis quand on est entrés en studio. En effet, les gens nous disaient qu’ils avaient du mal avec notre premier EP et notamment la voix parce que trop lisse et pas assez énergique mais en
live, ils aimaient… Un des défis est qu’il fallait absolument retranscrire cette même énergie du
live sur le disque !
Terminer par un titre essentiellement instrumental -avec vers la fin ce monologue à la Léo Ferré, très poétique- accentue votre approche immersive de votre musique, très originale voire expérimentale, ce qui est plutôt rare de nos jours pour un groupe de rock. Regrettez-vous que les groupes de rock n’osent plus tenter ces approches ?
Raphaël : Non, parce que comme ça, on peut le faire (Rires) ! C’est une vanne sans en être une (Sourire) !
Jérémy : La petite histoire est que Thomas veut toujours finir par un instrumental -comme sur le premier EP- et dans le cas de cet album, c’est à moitié instrumental…
Outre Extreme, tu es également la caution progressive du groupe ?
Thomas : Moins qu’Alex. J’aime plus Porcupine Tree que Dream Theater, par exemple. Et j’aime bien finir sur un instrumental, un suspens, tu ne sais pas ce qui va se passer après : je trouve ça cool ! Et ce qui a de bien sur ce titre, c’est ce qu’a fait notre pote Georges (NdStruck : Georges Veyres) de Bazar Bellamy qui chante dessus : Georges a une façon d’écrire qui est aux antipodes de ce qu’écrit Raphaël et on lui a demandé de faire un truc qui va dans le délire scotomisation, déni de la réalité et c’est ce qu’il fait à la fin de ‘Scotoma’ : c’est trop bien !
Et justement cette fin augure-t-elle de ce qui va se passer pour la suite de vos aventures ?
Thomas : Pas forcément, non ! Il va se passer quelque chose… mais on verra…
L’idée est de franchir un petit cap avec cet album…
Et finalement qu’attendez-vous ce cet album ?
Raphaël : Des millions de ventes et un Grammy Award (Rires) ! Non, on attend de passer une étape et cette étape n’est pas de devenir le nouveau Shaka Ponk parce qu’on est très conscients… Mais on a déjà passé deux ou trois étapes depuis qu’on existe, et l’idée est de franchir un petit cap avec cet album…
On a commencé l’interview par la question qu’on vous a trop souvent posée au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?
Thomas : "Alors comment s’est passée cette tournée avec AC/DC ?"
Raphaël : J’aime beaucoup cette question, si on pouvait changer AC/DC par Bon Jovi…
Thomas : Mais il va falloir la poser vite parce que tout le monde arrête…
On vous la posera la prochaine fois donc... Merci.
Raphaël : Merci à toi !
Thomas : C’était un plaisir !
Merci à Calgepo pour sa contribution...