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TITRE:

ANDRE MANOUKIAN (21 NOVEMBRE 2022)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

JAZZ



Music Waves a rencontré l'inénarrable André Manoukian qui vient nous présenter son dernier album "Anouch" vibrant et émouvant hommage à sa grand-mère...
STRUCK - 30.11.2022 -
9 photo(s) - (1) commentaire(s)

Certains l'ont oublié (mais ceux-là l'ont-ils jamais su ?) mais André Manoukian est ce talentueux pianiste jazz avant d'être celui qui a inondé la télé de ces paraboles musico-philosophiques... Avec son dernier album en date "Anouch", le musicien a redécouvert ses origines arméniennes en musique et les a associées au jazz qui lui est si cher pour un superbe album vibrant et émouvant hommage à son héroïne familiale : sa grand-mère...





Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée et à laquelle tu aurais marre de répondre ?

André Manoukian : (Sourire) En général quand je fais de la promo pour un album ou un livre, on me demande : "Pourquoi cet album ?" (Rires). Mais en réalité, il n’y en a pas vraiment…


Faut en conclure qu’André Manoukian est un artiste intéressant pour qu’on ne lui pose pas toujours la même question récurrente ?

Malgré tout, il y a un truc qui m’agace c’est quand pour me présenter, les gens récitent ma page Wikipédia : "André Manoukian est un auteur-compositeur et pianiste français mais également arrangeur, animateur et comédien…". Il faut vraiment arrêter avec ça : il va vraiment falloir que je me mette sur Wikipédia (Sourire) !
Le seul truc qui m’agacerait mais pour le reste, j’ai la chance d’être identifié comme musicien et pianiste parce qu’on me voit souvent à la télé avec un piano, donc tout va bien (Sourire) !


Pour une fois que mes ancêtres m’amènent autre chose que des névroses, je vais en profiter !




Ton actualité est ce nouvel album "Anouch" qui est consacré à ta grand-mère. On va enfoncer des portes ouvertes avec cette question qui va revenir souvent lors de cette promo, qu’est-ce qui t’a conduit à faire cet album maintenant et pas avant ?

C’est une bonne question. J’ai découvert la musique arménienne, il n’y a pas longtemps, une dizaine d’années… Si on m’avait dit qu’un jour, je jouerais la musique de ma grand-mère, j’aurais éclaté de rire. Ca me fait penser à cette phrase de Miles Davis où on lui demandait quand il referait du jazz notamment les quelques puristes qui ne supportaient pas ce qu’il faisait avec Marcus Miller quand il a eu sa période électrique et il répondait que c’est comme on lui demandait de coucher avec sa grand-mère (Rires) !
Et pourquoi c’est arrivé ? Parce que j’ai découvert la musique de mes ancêtres par hasard, à l’occasion d’un documentaire sur l’Arménie dont on m’a demandé de faire la musique. J’ai accepté même si je ne connaissais rien du tout et j’ai découvert des nouveaux sons, des nouveaux rythmes, des nouvelles gammes et je me suis dit que pour une fois que mes ancêtres m’amènent autre chose que des névroses, je vais en profiter parce que cette musique mélangée au jazz, c’est génial !
Ce sont des modes, quand on dit que c’est de la musique modale c’est-à-dire qu’on joue sur des gammes qu’on monte et descend pendant des heures jusqu’à la transe et du coup, cette transe orientale mêlée au jazz, c’est le mélange parfait ! C’est Miles Davis dont on parle encore qui a introduit ce qu’on appelle la musique modale dans le jazz dans les années 1950 sous l’impulsion de Gil Evans…


Ca a été formidable, une vraie révélation !


Mais c’est amusant de constater que tu ne te sois pas intéressé à tes origines musicales plus tôt quand on connaît la richesse de tous les groupes d’origine arménienne que nous connaissons dans le rock/ metal comme System of a Down ou Viza…

J’étais dans le jazz pur et dur autour notamment du chant. J’étais dans la mélodie -j’adorais ça- c’est pour ça que j’étais amoureux du chant et des chanteuses… Le principe d’un standard du jazz est une mélodie que tout le monde peut chanter avec en même temps, des accords super sophistiqués… J’adorais tout ça et un jour quand j’ai découvert cette musique et qu’on m’a demandé de la jouer, dans un premier temps, ça me faisait bizarre et puis, tout d’un coup, c’est un bassiste américain qui s’appelle Ira Coleman qui se demandait si ce n’étaient pas des standards parce que ce sont des thèmes entre l’Orient et l’Occident un peu mélancolique. Et ça m’a reconnecté seul avec mon piano alors qu’avant, pour moi, le plus bel instrument était le chant. Même si je n’ai jamais abandonné le piano, j’étais dédié au chant : pour moi, la voix était le plus important pour véhiculer la mélodie !
A partir du moment où j’ai décidé de remplacer le porteur de mélodies par le piano, ça devenait plus délicat. Et c’est là que cette musique me parle parce qu’il y avait du Ravel, du Satie…  c’était tout un nouveau monde qui s’ouvrait ! Et en plus, j’étouffe les cordes avec la main gauche, ça fait un son d’oud… Ca a été formidable, une vraie révélation !


[Anouch] aussi était une héroïne et quelle héroïne !




Tu as dû remonter le temps et effectuer des recherches, qu’as-tu ressenti au cours de ce cette période d’écriture ? As-tu découvert des choses sur elles et même sur toi-même ?

Oh là, quelle question (Sourire)… En réalité, j’ai commencé cette quête, petit à petit, je jouais leur musique avec mes grands-parents même si je n’ai connu que ma grand-mère -mon grand-père est parti avant…
Je me souviens d’un concert que j’ai fait à Istanbul où j’étais invité et j’ai joué devant 1.500 Turcs qui se sont levés pour m’applaudir quand j’ai dit que j’étais fier devant eux et sur la terre de mes ancêtres : ils étaient fiers que je revendique ces terres comme la mienne malgré ce qu’il s’est passé évidemment.
Mes grands-parents sont partis de ce pays mais ils ont été massacrés deux fois : ils ont échappé au génocide de 1915 et ensuite, ils se sont installés à Smyrne qui était une enclave grecque jusqu’en 1922 reprise par Atatürk avec l’incendie du 14 septembre. Mon père est né là-bas, ils ont essayé de rester malgré tout mais foutu pour foutu, ils sont partis…
Et je voyais cette image de mon grand-père qui était fier de moi en revenant sur cette terre et moi, me posant des questions par rapport à ça…

Un peu plus tard, j’ai commencé à poser des questions un peu plus précises à mon père mais il ne m’a jamais rien raconté des calvaires de sa mère, en revanche, il m’a raconté les exploits de son père : dans les familles orientales, les héros sont les hommes, les femmes font la cuisine… très bien au demeurant (Sourire)…
Mais un jour pudiquement à force de questions, il me tend une feuille de papier sur laquelle ma tante avait écrit le calvaire d’Anouch et je me suis ainsi rendu compte qu’elle aussi était une héroïne, et quelle héroïne !
Du coup, elle avait fini dans le désert avec sept sœurs, elle avait pu être épargnée mais ça serait beaucoup trop long à raconter ici mais ça fera peut-être l’objet d’un livre…
Et un jour, j’ai composé une sorte de marche orientale mélancolique et je me suis demandé comment j’allais l’appeler et j’ai pensé à ‘The Walk’ mais tout d’un coup, je me suis dit que c’était la marche dans le désert d’Anouch… Et c’est à partir de ça qu’Anouch est revenue et ensuite, j’en parlais sur scène pour introduire ce morceau qui était une marche, je l’ai faite en pensant à ma grand-mère qui s’appelait Anouch qui veut dire "doux", "sucré"… Les gens m’ont dit qu’il fallait que je raconte son histoire parce qu’au fond, c’est elle qui a tenu la famille pendant que l’homme allait se battre, c’est elle qui a perdu ses parents, un petit garçon, une petite fille et qui a refait un petit garçon -mon père- et une petite fille -ma tante- jamais sans rien dire, sans se plaindre…

C’est mon quatrième album sur le sujet arménien, jusqu’à présent, c’était juste le plaisir du jazz, le plaisir des impros, le plaisir de la transe… et cette fois-ci, je me sentais vraiment prêt et ils méritaient que ça leur soit dédié !


La musique de l’Orient, c’est l’extase de la mélancolie




En ayant connaissance de cette histoire poignante, tu livres un album très personnel qui aurait pu être larmoyant alors que c’est le contraire, certains morceaux sont très rythmés comme notamment ‘Soufi Dance’ ou ‘Schubert In Duende’). Est-ce que c’est ce que tu as pu ressentir à l’évocation de ta grand-mère et ainsi ne pas verser dans le pathos ?

Mais non parce que justement, la musique de l’Orient, c’est l’extase de la mélancolie : on se fait du bien en remuant des souvenirs un peu douloureux… mais ça c’est le spleen, c’est très romantique. D’ailleurs, spleen est un mot grec qui veut dire "rate" : les Grecques pensaient que nos humeurs venaient de la rate.  Le blues chez les Afros-américains, c’est la même chose. La saudade chez les Brésiliens, c’est ça… c’est jouer avec la mélancolie… Mais en même temps, la musique a toujours été fait de lamento, de lamentation et en même temps, de fête et de dance et il était hors de question de ne pas exploiter ça aussi surtout que les rythmes en Orient sont incroyables, ce sont des rythmes asymétriques, à cinq ou sept temps… et ça a également été un nouveau challenge et une ouverture formidable. Tu sais une musique est vivante tant qu’elle incorpore de nouveaux éléments… Dans mon parcours musical, moi qui commence à avoir de la bouteille, j’avais toujours le même modèle : j’étais amoureux des voix !


Tu avais le sentiment de tourner en rond ?

Oui, j’avais ce sentiment… Mon idée était de faire des standards comme Cole Porter avec des mélodies, des harmonies à la Claus Ogerman : j’adorais ça… et puis tout d’un coup, me vient une profusion de musicalité en provenance l’Orient… L’Orient est énorme : il y a autant de différences dans l’Occident dans lequel tu retrouves les Finlandais et les Siciliens qui n’ont pas grand-chose de commun, c’est pareil avec l’Orient…
Dans un album précédent, j’avais été sur une chanteuse arabe géniale et cette fois-ci, je suis parti sur des Balkanes, des voix bulgares…


Une musique est vivante tant qu’elle incorpore de nouveaux éléments, j’aurais tendance la même chose d’une société.


Dans cet album, tu évoques ce parcours de plus de 1.000 kilomètres à pied effectué par ta grand-mère mais aussi la déportation en 1915 donc… Des choses qui sont encore actuelles de nos jours avec les migrants qui tentent d’échapper à leur condition catastrophique, qu’elle soit climatique ou liée à des guerres… Ce n’est pas la première fois que tu évoques cela, tu avais abordé sous un autre angle dans l’album ‘Apatride’. En quelque sorte, tu es aussi un musicien qui témoigne d’une forme d’engagement devenue rare de nos jours, comment expliques-tu cela ?

Quand mon père est parti en 2016, ma sœur et moi avons ressortis les vieux papiers et je vois que mon grand-père avait une carte de réfugié -il n’avait jamais été français- sur laquelle était écrit "Apatride".
Quand je disais qu’une musique est vivante tant qu’elle incorpore de nouveaux éléments, j’aurais tendance la même chose d’une société. On a été capables pendant des années et des années, la France, c’est le pays du métissage ! J’ai un jeune pote qui est prof d’histoire à St Denis, il adore son boulot et il me dit qu’il n’a jamais vu des classes aussi vivantes que les siennes…
D’un côté, on a les discours dégueulasses de tous ces connards qui nous polluent la tête et de l’autre, tu as la réalité des faits. Quand j’étais à la Nouvelle Star et que je voyais de jeunes gamines "rebeus" ou des petits gamins issus de l’immigration chanter Marvin Gaye, je me disais que c’était ça le futur ! Ca s’appelle du métissage : tu prends le meilleur de ce qui existe partout et tu en fais ta propre culture plutôt que ce retour à la tribalisation ethnique parce que c’est ce qu’on est en train de vivre…
Le propre de la musique est d’harmoniser et c’est notre mission, une mission consubstantielle aux musiciens au-delà de la politique


Cet album est donc essentiellement instrumental. Cette quasi-absence de chant est-elle là au fond pour que l’auditeur puisse ressentir l’émotion la plus pure et la plus libre ? Est-ce le meilleur moyen pour toi de faire passer ce témoignage ?

Pas mal comme question, pas mal, pas mal du tout…
Tu vois, en opposition avec ta première question, je pourrais te dire que la question qu’on ne m’a jamais posée : c’est celle-là !


C’est tellement difficile de trouver le mot juste pour toucher les gens, avec la musique c’est plus facile


Tu spoiles ma fin d’interview, je peux partir…

(Rires) La musique est un langage qui ne veut rien dire, elle provoque des sensations et des sentiments, et finalement c’est beaucoup plus riche que de coincer les gens avec des mots !
C’est tellement difficile de trouver le mot juste pour toucher les gens, avec la musique c’est plus facile : tu as raison !


A un moment, je me suis demandé où j’allais !




L’une des caractéristiques de ce nouvel album est de s’appuyer sur une musique plus métissée, orientale -en raison des origines arméniennes, on en a parlé-, espagnole également sur le titre ‘Flamenca’ et de les joindre à cette base jazz qui t’es si chère. Tu as répondu en partie à cette question mais as-tu perçu cet album comme un défi en tant que musicien ?

C’est vrai qu’à un moment, je me suis demandé où j’allais ! Quand ma grand-mère est morte, j’avais six ans, mes parents travaillaient tous les deux et il fallait que quelqu’un s’occupe de nous : ils ont embauché une nounou espagnole et c’est ainsi qu’on s’est mis à parler espagnol à la maison (Sourire)… Elle chantait sans arrêt et je trouvais qu’il y avait quelque chose de très intense dans son chant. Dans l’Orient et dans le chant de Carmen, il y a quelque chose de très intense qui me cassait les couilles quand j’étais petit : j’en avais marre de cette intensité !
Ma mère était également intense : si je sortais de la douche pieds nus, elle se mettait à hurler que j’allais prendre froid… Tout est intense !
Finalement, j’ai ramassé tous ces trucs de mon enfance et la deuxième chose est que quand on est sur la musique en Orient, les modes grosso modo, on les appelle des modes arabo-andalous… Donc de l’arabo-andalou au flamenco, il y a un petit pas et grâce aux harmonies du flamenco, on peut ouvrir et on arrive carrément à Jean-Sébastien Bach… C’est le pivot idéal parce que si on s’enferme trop dans les gammes orientales, on est un peu dans la musique traditionnelle… J’ai découvert un pianiste de flamenco que j’adore qui s’appelle David Peña Dorantes et que j’ai invité dans mon festival, le Cosmo Jazz Festival : je trouvais que c’était une ouverture incroyable ! En gros, l’Orient est un peu enfermé sur quelque chose de mélancolique, l’Occident est ouvert sur autre chose et tout d’un coup, le flamenco fait le lien entre les deux musiques : je relève des solos de Paco de Lucia, c’est génial !


On se demande également si chaque titre de l’album correspond à différentes étapes chronologiques de cette vie à savoir l’insouciance avec ‘Soufi Dance’, la mélancolie et ‘After Chaos’) et des peurs éventuelles ? Peut-on y voir un album concept qui évoque cette traversée chronologiquement ?

Le premier titre était ‘The Walk’, c’est lui qui a tout constitué… Et puis, j’ai déroulé avec des rythmiques différentes, avec des moments différents… : tu te lèves le matin, tu es dans une humeur différente mais tu ne te poses surtout pas de question, il ne faut surtout pas s’assoir et se retrouver devant une feuille blanche ! Mon premier réflexe quand je me réveille est de me mettre derrière mon piano et puis là, tu as des choses qui sortent : des choses qu’il faut vite enregistrer -avant je les écrivais, maintenant, je les enregistre avec le téléphone- et une fois que les notes sont prises, il y a un moment où tu les réécoutes et tu les redécouvres et donc tu es beaucoup plus objectif… puis tu les assembles et on rentre dans la construction qui est beaucoup plus longue…


Quand tu te livres sans te poser de question, tu t’aperçois que c’est là que ça touche les gens !




Plusieurs titres sont très poignants et notamment le très délicat ‘Anouch’ qui montre tout ton respect pour ta grand-mère. Est-ce que ces titres comptent parmi les plus émotionnels que tu aies écrit et comment t’es-tu senti en les composant ? T’es-tu laissé à un moment donné submergé par l’émotion ?

Ouais ! J’ai fait écouter à quelqu’un de ma famille -à mon gendre pour ne pas le nommer (Sourire)- Josh qui est anglais et qui est ingé-son. Tu imagines l’Anglais typique qui ne montre pas ses émotions et après lui avoir fait écouter, il me regarde en écrasant une larme en me disant que c’est le titre le plus émotionnel qu’il ait jamais entendu de moi. C’est un gars qui n’est pas du tout dans le jazz, il a un groupe de punk…
Le truc est quand tu te livres sans te poser de question, tu t’aperçois que c’est là que ça touche les gens même si tu ne l’as pas fait pour ça : l’idée, c’est de se livrer !


On vit une époque formidable où tu peux tout trouver !


Tu parles d’émotion malgré tout, le rapport de la musique aux gens n’est plus le même, c’est devenu un produit de consommation accessible via les plateformes de téléchargement, ce qui certes permet des découvertes mais aussi une forme de moindre attachement à des artistes par rapport à avant. Comment vis-tu cette époque et cette consommation de la musique qui n’est pas forcément adaptée à la musique que tu proposes ?

Au contraire, on vit une époque formidable où tu peux tout trouver, dans laquelle il n’y a plus de style, plus de dictature, tu sais que tu peux tout faire, tu sais que tu as accès à toutes les musiques du monde. Je vois mes gamins : il y en a qui écoute de la musique folklorique irlandaise d’il y a vingt ans ou alors des chants cosaques et l’autre écoute des musiques de manga… Chacun se fait sa culture !
Mais il y a une chose formidable, c’est que le niveau musical n’a jamais été aussi fort. Je me suis rendu compte avec La Nouvelle Star quand j’ai commencé en 2002, ce n’était pas génial mais en 2016, le niveau des gamins était incroyable. En 2002, tous les garçons voulaient chanter comme Florent Pagny et les filles comme Lara Fabian et en 2016, des gosses de 16 ans chantaient du jazz, chantaient Marvin Gaye… Je leur demandais si c’étaient leurs parents ou grands-parents mais non, c’était Internet !
On a accès à toutes les musiques du monde en revanche, avec la profusion, certaines se perdent. C’est là où tu es essentiel en tant que curateur, prescripteur… il faut des gens qui arrivent à sélectionner ce qui est bien et nous guider : c’est ainsi qu’on marche !


On suppose que tu envisages de jouer cet album en concert, qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre d’une telle interprétation ? Est ce qu’il y aura des choses particulières comme le jouer dans son intégralité ?

Bien sûr, et en plus de ça, j’ai déjà commencé : on a ouvert au festival des Suds à Arles, dans le théâtre romain… C’était splendide, j’y étais : j’avais l’impression que Ben-Hur allait se pointer, que Jésus était là en me disant : "Vas-y mon fils, continue !" (Rires) ! Ce que j’adore, c’est que les gens te remercient en te disant que tu les as fait voyager : c’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire !


Mon rêve est de faire un groupe avec des chanteurs turcs, des danseurs géorgiens et des musiciens arméniens




Et finalement, qu’attends-tu de cet album : un bel hommage ou bien transmettre par l’intermédiaire de la vie de ta grand-mère quelques messages dans une époque compliquée où l’histoire se répète ?

Mon rêve est de faire un groupe avec des chanteurs turcs, des danseurs géorgiens et des musiciens arméniens. Ce n’est pas pour tout de suite mais j’y arriverai un jour (Sourire) !


Tu as mis à plat ton mon effet à savoir qu’on termine nos interviews en bouclant la boucle : on a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu rêverais de répondre ?

Celle que tu m’as posé quand tu disais qu’il n’y avait pas de paroles pourtant j’ai véhiculé un message. Cette question était géniale : t’es trop fort !


Mais c’est une fierté d’avoir réussi à passer ce message ainsi ?

Ce n’est pas une fierté parce que j’ai tout fait à l’instinct, je n’ai pas calculé mais tu m’obliges à formuler un truc inconscient que j’ai fait…


C’est le côté psychanalyse des interviews…

Exactement…


Eh bien merci pour cet échange…

Merci monsieur le psy, je vous dois combien (Rires) ? Tu es le Socrate des interviews maïeutiques !





Merci ! Après l’intervieweur ami des stars qui officiait sur M6, on a désormais celui psychanalyste qui traîne sur le web…

(Rires)


Et merci à Calgepo pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/andremanoukian
 
(1) COMMENTAIRE(S)  
 
 
LYNOTT
30/11/2022
  0
Balèzes les questions ! Chapeau !
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