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TITRE:

ONE RUSTY BAND (07 NOVEMBRE 2022)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLUES



One Rusty Band repart sur la route avec un nouvel album sous le coude, "One More Dance" qui porte bien son nom. Rencontre avec Léa et Greg.
CALGEPO - 05.12.2022 -
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One Rusty Band revient en forme avec un nouvel album bourré d'énergie positive. Music Waves rencontre pour une seconde fois Léa montée sur ressorts et Greg toujours aussi à l'aise à la guitare pour nous parler de ce "One More Dance".

On vous a quittés en 2019 en pleine rue sur la pochette de "Voodoo Queen", on vous retrouve en peignoir sur "One More Dance"… comment allons-nous vous retrouver sur le troisième album ? Et pourquoi autant d’intimité ?

Léa : Nous avons composé "Voodoo Queen" entre deux concerts, c’était un moment où nous jouions beaucoup et pas mal dans la rue. "One more Dance" au contraire, nous l’avons composé durant le second confinement, chez nous, dans un cadre beaucoup plus intime. C’est pourquoi nous sommes avec nos peignoirs dans le couloir du bunker qui nous sert de home studio. Nous avions envie de quelque chose de dynamique et qui nous ressemble.


Greg : le prochain on le fera sûrement à poil vu l’état de la planète et le réchauffement climatique !





Votre premier album est sorti peu de temps avant la pandémie. Comment avez-vous vécu cette période délicate pour le défendre car votre musique est notamment très visuelle (claquettes…) au regard des restrictions ?

Greg : Nous avons eu de la chance de pouvoir le défendre tout l’été 2019 car on jouait les compos de l’album sur scène et on le vendait sur les concerts avant la sortie officielle de septembre. Après nous avons fait une belle tournée en automne et eu l’occasion folle et très chouette d’aller le défendre jusqu’en Inde durant tout le mois de février 2020.

Léa : Nous sommes rentrés deux jours avant le confinement, timing fou, d’ailleurs je ne pense pas qu’on refera une tournée ou il faut prendre l’avion.  Après c’était assez frustrant car notre bookeuse Kristell Arquetoux avait monté une super belle tournée sur le printemps/été 2020 qui a été entièrement annulée. Mais Kristell a réussi le tour de force de retrouver des dates de concert sur l’été, donc au final on a quand même pas mal joué et l’album a bien vécu même durant la pandémie !



Ce qui nous surprend plus c’est de parler d’annulation de festivals pour 2024 à cause de l’organisation des JO



Est-ce que cela a remis en cause quelques certitudes sur le monde culturel et sa vision par les autorités ?


Léa : On a toujours su que la culture n’était pas la priorité des autorités, en temps de crise c’est toujours la première chose à sauter. Paradoxalement c’est souvent dans ces mêmes périodes difficiles ou les artistes sont les plus créatifs. Je pense que la culture n’a pas besoin de l’aval des autorités pour exister. Même si c’est très important de la reconnaitre comme essentielle. Donc voilà, rien ne nous a surpris. En France l’intermittence est vraiment quelque chose d’exceptionnel et génial, à défendre absolument, grâce à ça on a pu composer notre album et continuer à manger, contrairement à des amis musicien.nes suisses qui ont dû retourner chez leurs parents.

Greg : Ce qui nous surprend plus c’est de parler d’annulation de festivals pour 2024 à cause de l’organisation des JO.  Est-ce qu’on doit vraiment mettre en opposition la culture du sport et la culture musicale ? A moins qu’on considère les Jo comme une épidémie...



Comment avez-vous perçu les retours plutôt positifs sur ce premier album tant de la part de la presse que du public ?


Greg : On est hyper content.es ! Grâce à ces chouettes retours on a eu pleins de concerts et c’est ça qui est important.

Léa : Merci à Yann Landry, attaché de presse de La tête de l’Artiste qui fait un super boulot en défendant les artistes indé !






Vous revenez en pleine forme avec "One More Dance", que signifie cette mise en avant de la danse dans le titre de ce nouvel album ?


Léa : On n’a pas eu le droit de danser pendant 2 ans à part seul.e chez soi… Je crois que ça nous a manqué !!


Greg : Quand on a composé la chanson éponyme de l’album, on avait vraiment envie d’aller boire des coups, rencontrer des gens et danser jusqu’au bout de la nuit !



C’était intéressant (merci confinement) d’avoir le temps d’explorer un peu plus d’autres façons de composer.



Le premier album comprenait 13 morceaux pour environ une heure de musique, là l’album contient 12 titres pour 44 minutes, c’était pour vous l’occasion d’explorer des compositions plus concises ou directes... qu’est-ce qui vous a guidé dans ce choix ?


Greg : On voulait aller plus directement à l’essentiel. C’est en partie grâce à des oreilles amicales (Ben et Guigz) qui nous ont conseillés à l’écoute de notre pré prod, que l’on a fait ce choix d’être plus concis. Vu qu’on compose beaucoup en impro, on a tendance à tourner en rond. C’était intéressant (merci confinement) d’avoir le temps d’explorer un peu plus d’autres façons de composer.

Léa : Ça nous a permis de sortir de notre zone de confort. Le prix du double vinyle a été déterminant aussi ! Nous l’avons fait à l’ancienne, ça rentre tout sur une galette !



Pour le précédent album, vous nous disiez que les chansons avaient été testées en live pendant un an avant l’enregistrement, comment avez-vous procédé pour cet album compte tenu de la situation qu’on a tous vécue ?


Léa : Nous ne les avons pas testées… Et effectivement ça a été dur !

Greg :. Maintenant qu’on les a jouées en live on se rend compte qu’elles ont pris une autre dimension, pour moi une chanson s’affine et mûrit en public. Pour cet album on a composé et enregistré en 3 mois sans passer par la scène, ce qui était une bonne expérience et on est content.es du résultat

Léa : On les enregistrerait sûrement différemment maintenant, je ne sais pas si c’est bien ou mal c’est juste un autre exercice de style.





Le son de l’album est plus rond, plus ample par rapport à "Voodoo Queen" qui sonnait un peu plus garage, comment avez-vous travaillé cet aspect et couleur pour ce nouveau disque ?


Greg : On a commencé par faire une pré prod : c’est-à-dire enregistrer les morceaux bruts, en répèt'. Puis on a réécouté ces enregistrements au calme, avec du recul et des amis ingé son (Ben et Guigz) ce qui a permis d’avoir des idées d’arrangements (doubler les guitares, rajouter de petites percussions… etc). J’ai aussi utilisé d’autres techniques de mixage et d’autres micros que sur "Voodoo Queen", un chaînage en studio complètement différent, avec comme résultat plus d’air ce qui donne un effet plus rond et spatialisé, tout en gardant notre son de base.


Nous ne réfléchissons pas quand on compose, on fait avec ce qui vient que ce soit blues, rock, ou funk.


Certains morceaux comme ‘Screen Generation’ ou ‘One More Dance’ voire ‘Elsewhere’ sonnent un peu plus rock, était-ce pour vous une volonté de donner encore plus de relief à vos compositions qui reposent essentiellement sur du blues ?


Léa : Nous ne réfléchissons pas quand on compose, on fait avec ce qui vient que ce soit blues, rock, ou funk. Après, il se trouve que nos influences musicales se trouvent plus du côté rock, donc c’est normal de retrouver ça dans notre musique. Et puis je trouve difficile de définir ce qui est blues de ce qui est rock… ça dépend tellement de celui/celle qui écoute… et de l’époque ou la musique est écoutée. Led Zeppelin c’était du hard rock, pour moi maintenant c’est du blues… !


Plus généralement, que représente pour vous cette musiques blues et sa place à l’heure actuelle ?


Greg : Je trouve que dans le blues maintenant il y a deux grandes familles : ceux qui innovent avec leurs propres codes, qui font du dirty, du heavy blues etc… et ceux qui sont plus dans la tradition, l’hommage, le Chicago blues, blues des années 50 etc… Personnellement, même si je respecte beaucoup le « traditionnel » je pense que l’avenir du blues va avec l’innovation et je suis toujours étonné que des groupes tel que Dirty Deep qui pour moi est un des grands groupes de blues français soit absent des grands festivals blues alors qu’ils brillent sur des scènes de musique actuelle.

Léa : On retrouve du blues presque partout, même quand on n’appelle pas ça du blues. Mais à l’heure actuelle le mot « blues » a une connotation un peu vieillissante.


Beaucoup de chansons retiennent notre attention et particulièrement celle qui se nomme ‘Evolution’ qui commence plutôt lentement pour progressivement arriver à une explosion finale ce qui semble être quelque chose de nouveau. Que vouliez-vous traduire par cette progression ?


Léa : Le titre parle de lui-même, 'Evolution' est une chanson sur le fait qu’il va falloir radicalement changer notre manière de fonctionner si on veut survivre, et même à titre plus personnel que chaque évolution dans une vie nécessite une petite révolution. D’où le coté évolutif de la chanson.


Est-ce que c’est un style de composition que vous souhaiteriez développer à l’avenir et pourquoi pas créer une sorte de blues progressif ?


Greg : Non, pas spécialement, c’était pour servir la composition à ce moment-là, peut être que ça se reproduira, peut-être pas, ce n’était pas réfléchi en tout cas.





On sent que l’album est là aussi comme l’expression d’une frustration accumulée notamment dans le titre ‘Rage’. One More Dance revêt-il un aspect cathartique pour vous ?


Greg : J’ai composé 'Rage' en 2 minutes après une sale journée ou rien ne s’était bien passé, c’était bien un exutoire ! D’autres chansons telles que 'Why Movin on' ou 'Still Believe it' ont des aspects cathartiques mais il y a aussi des titres plus légers tel que 'Raccoon Rock', ou 'Boogie Brothers'…


Il se passe tellement de choses en ce moment sur la planète que c’est compliqué de ne pas être affecté.


Avec des titres comme ‘Screen Génération’ ou ‘Rage’ évoqué dans la précédente question voire ‘Lose Control’, on a l’impression aussi que cet album évoque des thèmes sociétaux comme le rapport de la nouvelle génération aux réseaux sociaux, aux écrans, mais aussi les violences quotidiennes souvent pour des broutilles… Sans pour autant faire de vous un groupe à la No One Is Innocent ou Trust, c’est un aspect que vous souhaitiez mettre en avant dans ce nouvel album ?


Léa : Il se passe tellement de choses en ce moment sur la planète que c’est compliqué de ne pas être affecté. Et même si on n’a pas l’intention d’être un groupe engagé, ces choses nous touchent nous traversent et transparaissent dans nos chansons. Pour 'Elsewhere' on ne s’est pas levé un matin en se disant “tiens, faisons une chanson sur l’immigration”, c’est juste venu naturellement car on a des amis qui sont passés par là, comme pour 'Lose control' qui parle de pétages de plomb ou 'Screen Generation'. On utilise notre vécu et celui de nos proches pour composer plutôt que les infos. On n’a pas la prétention de porter un message on essaie plutôt de faire un état des lieux de ce que l’on vit et de notre état d’esprit du moment.


Vos concerts sont très réussis et justement Léa apporte avec sa danse et ses claquettes un plus tant au niveau musical et rythmique qu’au niveau visuel, comment faites-vous évoluer vos prestations et qu’apportez-vous de nouveau par rapport à vos débuts dans vos performances ?


Greg : j’ai changé de chaussures, ça change tout visuellement ! Plus sérieusement nous avons de plus en plus d’assurance sur scène ce qui nous donne plus de liberté, Léa a rajouté pas mal de percussions qu’on utilise sur le nouvel album, les compos évoluent, le show aussi, en essayant de garder l’énergie et de la spontanéité de départ.


La gestion de l’énergie est quelque chose que vous travaillez énormément car physiquement un live doit être épuisant ?

Léa : Perso je suis obligée de m’entrainer quotidiennement même quand on n’a pas de concerts, ça permet de pouvoir être à fond et d’en profiter un maximum sur scène. Car effectivement, chaque live est un petit marathon !

Greg : Ma part est moins physique mais j’ai quand même dû me mettre un peu au yoga sinon je finissais les tournées avec le dos bloqué ! Et des fois, même si on connait très bien nos morceaux on fait des répètes de résistance, juste pour le cardio.



On ne doit pas se tromper en disant que vous avez hâte de retrouver le public, avez-vous des perspectives de date à nous annoncer ?


Après une belle tournée de printemps été, nous finissons l’année avec un concert le 12 novembre à La Traverse de Cléon en première partie d’Ayron Jones, puis petite pause pour composer, donner vie aux idées qu’on a eues sur la route et préparer un nouveau show. On prépare une tournée de folie pour 2023 avec Kristell Arquetoux de l’Orientartist au booking, l’été est déjà presque rempli. Notre album sortira en vinyle début mars, et on annoncera une grosse partie des dates en février. On se réjouit !!

Rock’n roux Tap’n roll !!



Plus d'informations sur https://www.onerustyband.com/
 
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