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TITRE:

ALCATRAZ FESTIVAL 2022 - COURTRAI- JOUR 1 - 12 AOUT 2022


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

HEAVY METAL



Pour sa première journée le Festival Alcatraz frappe déjà fort avec un programme très riche avec en point d'orgue la venue d'Accept.
NOISE - 10.10.2022 -
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En 2021 l’Alcatraz avait réussi un exploit en ayant lieu normalement. Grâce à des organisateurs passionnés et l’aide précieuse des pouvoir publics, le festival avait ravi des milliers de fans. Un an s’est écoulé, la pandémie n’a pas disparu mais le calme est revenu et tout les festivals européens ont pu retrouver leur public. Afin de se démarquer le festival belge a choisi de frapper un grand coup pour sa 14ème édition. Il s’est enrichi d’une scène, un quatrième jour a été rajouté et le site et le camping se sont agrandis. Le festival a commencé le jeudi 11 août avec une soirée spéciale ouverte aux campeurs mais aussi gratuitement aux habitants de Courtrai. Sur le site installé sur les pelouses de l’université de la ville, le public a pu savourer dans la Swamp (la scène couverte du festival) des groupes locaux et des groupes de reprises dans une ambiance familiale et chaleureuse appréciable.


Le lancement officiel des hostilités a lieu le 12 août sur le coup des 10h30. Ouvert dans sa totalité ,le site impressionne : plus grand et large il permet d’accueillir une foule conséquente dans les meilleures conditions. Chaque journée verra plus de 15,000 personnes s’éclater sur la plaine du site. Pour cette édition une seconde scène principale (l’Helldorado) est en fonction. Située sous tente elle accueille des concerts en même temps que ceux de la Prison extérieure, ce qui pousse à faire des choix cornéliens. En parallèle entre les concerts, la Swamp, fortement agrandie, propose un programme chargé. Il ne faut pas oublier qu’en plus une quatrième scène (la Morgue) est là pour accueillir les groupes locaux et les formations en devenir. Pour nous le programme sera essentiellement basé sur les concerts de la Prison et de la Swamp. En ce vendredi l’ouverture des portes a un peu traîné et il a fallu aller vite pour apprécier le premier concert de la journée.



Ce sont les Allemands d'April Art qui lancent les hostilités devant une foule logiquement clairsemée en début de concert. Mais l’esplanade va vite se remplir pour accueillir une formation qui œuvre dans un metal moderne teinté de metalcore et d’alternatif. Tout de rouge vêtus, les membres du groupe vont bien remuer la foule, portés par une Lisa-Marie véritable boule d’énergie. Même si la musique proposée est très classique, force est de reconnaître que cela fonctionne bien. L’équilibre entre puissance et mélodie se fait efficacement. Au chant Lisa-Marie alterne entre growl féroce et chant clair accrocheur avec efficacité dans l’esprit de Jinjer. Avec ce concert April Art s’est montré percutant et a bien lancé la journée.

Dans la Swamp on retrouve les allemands de Parasite Inc qui évoluent dans un death mélodique dans l’esprit de At The Gates. D’entrée avec ‘Once And For All’ le groupe balance un excellent titre taillé dans le meilleur du genre. Kai Biger est impressionnant au growl, il hurle avec intensité et à côté le côté rapide et mélodique des riffs est efficace. La suite va s’avérer tout aussi réussie. Avec ‘Sunset Overdrive’ ou ‘The Pulse Of The Dead’ on retrouve un son proche de Dark Tranquillity avec une capacité à se faire puissant et accrocheur. Le groupe aime aussi se rapprocher d’un son plus death. Dans cette optique ‘Headfuck Rollercoaster’ et ‘I Am’ ne font pas de quartier et tabassent un public qui se remue de plus en plus. On fera aussi ressortir ‘Cyan Night Dreams’ qui alterne entre force brute et mélodie. Avec un passage en chant clair accrocheur il évoque le son du In Flames des années 2000. Parasite Inc ne révolutionne pas le genre mais il maîtrise bien les codes death mélodique. Il a proposé une prestation efficace et a su remuer un public déjà chaud.



Dehors le ton est au power metal avec la venue de Warkings. Formé en 2018 par des membres de divers formations, il propose un power mélodique dans la lignée de Hammerfall ou Dream Evil. Il se distingue par ses tenues de scène guerrières et bariolées dans un esprit antique bien barge. Cela donne un concert haut en couleur avec un décor soigné, le tout dans une franche bonne humeur. Après une intro guerrière , ‘We Are Warkings’ le concert se lance avec ‘The Last Battle’. Le chant haut perché de The Tribune est marquant et le ton speed fait son effet, remuant la foule. La suite avec ‘Spartacus’ et ‘Maximus’ est toute aussi plaisante, le groupe n’invente rien de neuf mais manie les codes du genre avec efficacité. Le petit jeu avec le public sur ‘Fight’ fonctionne, tout comme le côté épique de ‘We Are The Fire’ et l’extrait de ‘Bella Ciao’ à la sauce speed metal. Si sur album Warkings n’est pas au niveau des grands du power mélodique, sur scène il se défend bien et a proposé un concert frais et sympathique.



Avec Bark nous retournons en Belgique du côté d’Anvers. Présente en 2021, la formation avait mis le feu avec un death groovy  teinté de rock - comme si Entombed avait fusionné avec Motörhead. Dans une Swamp bien remplie le groupe attaque fort et confirme son côté machine de guerre. D’entrée le côté gras de la musique impressionne avec un chant death sans concessions. Le côté écrasant de force est d’une sacrée intensité et remue une foule motivée. La suite est efficace, le côté rock’n’roll fait son effet avec des accents speed ébouriffants. Derrière la nervosité retombe ne jamais et chaque titre colle une bonne claque. L’énergie déployée est  impressionnante et on sent la joie des musiciens de partager un excellent moment avec autant de monde. Avec ce concert Bark a confirmé ses qualités, il a fait un carton et a montré qu’il excellait en matière de death graisseux. Il a toutes les armes en main pour aller plus haut encore au sein d’une scène belge en pleine forme.



Dehors chacun attend le premier gros nom de la journée. The Night Flight Orchestra est connu pour mettre le feu partout où il passe avec de la bonne humeur. La bande de Björn Strid fait des merveilles avec un délicieux hard rock teinté AOR. Le show se lance avec l’arrivée des hôtesses de l’air emblématiques du groupe, puis avec ‘How Long’ le ton est donné. Le titre est une pépite  accrocheuse dotée d’un refrain dans un pur esprit hard mélodique. L’ambiance est totalement festive et les titres vont s’enchaîner avec un côté positif jouissif. ‘Sometimes The World Ain’t Enough’ et ‘Divinyls’ sont de superbes moments portés par un Björn en pleine forme. Son ton mélodique fait son effet, il porte les titres avec aisance et à côté ses compères tissent un ensemble plongeant dans les années 80. Björn salue la foule au détour d’un speech sympathique. ‘Burn For Me’, ‘Gemini’ et ‘Satellite’  font un carton, véritables tubes taillés pour la scène qui font danser et remuer la foule. Les chœurs sont top, les mélodies en or et les refrains super accrocheurs. Avec ‘White Jeans’ le groupe signe un tube encore plus énorme, porté par un refrain mémorable il s’impose comme un classique avec un côté AOR d’une rare fraîcheur. ‘West Ruth Ave’ achève une prestation remarquable avec la même force mélodique. The Night Flight Orchestra a confirmé qu’il était une formidable créateur d’ambiances, il a donné la pêche à tout le monde avec un côté fun et joyeux irrésistible.



Avec Lorna Shore, direction les USA et le New Jersey pour retrouver une formation évoluant dans le deathcore. D’entrée les musiciens foncent dans le tas et assomment le public avec ‘To The Hellfire’. Le son est énorme, moderne avec une batterie en avant et le chant au rasoir d’un Wiill Ramos déchaîné. Il n’y a pas de tromperie sur la marchandise, un deathcore d’une sacré intensité. Celle-ci ne baisse d’un cran avec le redoutable enchaînement entre ‘Of The Abyss’ et ‘And I Return To Nothingness’. Le public est déchaîné, l’ambiance est énorme, Will porte son groupe et se met les tripes à l’air en hurlant. La suite avec ‘Sun//Eater’ et ‘Crused To Die’ montre la technique impeccable des musiciens avec des riffs d’une belle technicité. Mais le groupe sait aérer ses titres avec des passages plus lents. Le final avec ‘Into The Earth’ est prenant et achève un public en nage. Lorna Share a envoyé du lourd, il a montré que le deathcore pouvait parfaitement être sauvage et méchant.



Dehors le ton va se faire différent avec la venue de Uli Jon Roth. Le vénérable guitariste est fidèle au poste, l’impression en le voyant arriver sur scène de plonger dans les années 70 est totale. L’ancien Scorpions va proposer un concert basé sur sa carrière avec le groupe et livre des moments de bravoure. D’entrée le ton est posé, Uli est en grande forme et distille des riffs et soli cosmiques ébouriffants. Avec ‘We’ll Burn The Sky’ il propose un premier grand moment. Retrouver cette pièce majeure est un bonheur. Le chant est digne de Klaus Meine et les soli sont d’une rare élégance avec un côté aérien et technique qui donne le frisson. La suite va être un bonheur immense pour les amateurs de Scorpions. ‘In Trance’, ‘Pictured Life’, ‘Catch Your Train’ et ‘The Sails Of Charon’ s’enchaînent... Ces immenses titres n’ont rien perdu de leur charme avec des riffs et soli aériens, un chant de haute volée et des passages épiques qui donnent le frisson. La reprise de Bob Dylan, ‘All Along  The Watchtower’ est parfaite. Repris à la sauce Hendrix le titre colle le frisson en forme d'hommage au maître spirituel de Roth. Enfin le plus heavy ‘Dark Lady’ achève une prestation de haute volée. Avec ce concert Uli Jon Roth a montré qu’il avait toujours son toucher incomparable. Il a offert à une foule conquise et attentive un admirable voyage dans le temps.




Après ce moment de grâce la Swamp s’apprête à trembler avec la venue de Suicidal Angels. Les thrasheurs grecs dévastent tout sur leur passage et le concert de l’Alcatraz ne va pas faire exception. Une fois passée l’intro des 'Dents de la Mer' de John Williams c’est une guerre qui se lance. ‘Endless War’ est une tarte en pleine tronche, incisif, rapide et digne de Slayer dans un esprit thrash old school et doté de soli furieux. La curée continue avec ‘Born Of Hate’ et ‘Years Of Aggression’. Le groupe est en pleine forme et distille son thrash sans pitié. Le public est en fusion et slam et circle pits se multiplient. Jamais la pression ne va retomber, les perles comme ‘Bloodbath’, ‘Bloody Ground’ ou ‘Moshing Crew’ font leur effet. Le rythme est énorme, les soli brûlants et au chant Nick s’arrache les cordes vocales avec hargne. Le final avec ‘Apokathilosis’ est infernal dans l’esprit de Slayer ou de Death Angel. Avec ce concert Suicidal Angels a confirmé son statut de grand du thrash. Il a mis le feu à une Swamp blindée où l’odeur de la sueur se faisait sentir après les hostilités.



Le ton ne se calme pas avec l’arrivée de Unearth. La chaleur est écrasante mais cela ne décourage pas les fans d’une formation pionnière de la scène metalcore américaine. Depuis 1998 la formation n’a jamais faibli et porte l’étendard du genre en faisant fi des critiques. Porté par un gros son le groupe va  assommer la foule. D’entrée avec ‘March Of The Mutes’ il fait un carton, installant un pur métalcore porté par le chant aiguisé de Trevor Phipps. Les riffs sont rapides et le rythme  intense. Unearth ne plaisante pas et défonce tout sur son passage. ‘My Will Be Done’, ‘Giles’ ou  ‘This Glorious Nightmare’ sont des baffes d’une rare méchanceté. Le groupe connaît son métier et nous rappelle que le metalcore des origines était violent et sans pitié. La suite est féroce, ‘Endless’, ‘Sancity Of Brothers’ et ‘The Great Dividers’ écrasent un public remuant malgré la chaleur. ‘Black Hearts Now Reign’ achève une prestation explosive. Unearth a fait impression, il a proposé un concert de haut niveau et montré que le metalcore pouvait lui aussi être très méchant.



Dans la tente c’est une surprise qui attend le public, Cattle Decapitation est programmé mais la scène est totalement vide de matériel. Le suspense ne dure guère, un membre de l’organisation annonce la déprogrammation de dernière minute du groupe pour un obscur problème de transport. Cela au final permet de faire une petite pause dans une longue journée et de recharger les batteries.



La suite est sur la Prison avec la venue de Vandenberg. L’ancien guitariste de Whitesnake a effectué un joli retour aux affaires avec Moonkings avant de relancer sa carrière solo depuis 2020. L’homme a su s’entourer, on retrouve  au micro Mats Leven, qui a évolué avec Therion ou Candlemass. Cette équipe va proposer un concert équilibré entre reprises et titres issus de l’album "2020" de Vandenberg. D’entrée ce dernier est à l’honneur avec ‘Shadows Of The Night’ et ‘Freight Train’. Le son est parfait, on retrouve un heavy teinté de hard mélodique typé 80’s plaisant. Leven est à l’aise, son ton éraillé collant au style. Le groupe montre une belle cohérence et  Vandenberg distille une partition classieuse. Le public bien présent apprécie le spectacle et la suite va être aussi efficace. Plus blues ‘Your Love Is In Vain’ est excellent à savourer avec une chaleur communicative. ‘Hell Or High Water’ est un bon moment de hard mélodique dotée d’un refrain accrocheur dans l’esprit du Deep Purple des années 80. ‘Judgement Day’ le classique de Whitesnake fait son effet, son riff bien connu fait merveille et Leven assure parfaitement. ‘Rike Link The Wind’ ravit avec son côté hard mélodique tandis que ‘Burning Heart’ est plaisante avec son côté ballade blues. L’autre classique de Whitesnake, ‘Here I Go Again’, fait un carton, Leven est toujours aussi bon et rappelle à merveille Coverdale tandis que Vandenberg confirme qu’il n’a rien perdu de son toucher légendaire. Avec sa petite troupe il a proposé un excellent concert taillé dans le meilleur du hard mélodique.



Dans la Swamp le programme reprend avec la venue d’Insomnium. Retrouver les patrons du death mélodique à la finlandaise est un plaisir et la tente affiche complet. Avec ‘Karelia’ le concert se lance sous le signe de la mélancolie. L’instrumental est de toute beauté et pose l’ambiance avec une alternance optimale entre passages puissants et moments de grâce calmes. ‘Valediction’ enchaîne dans un pur son death mélodique. Le côté mélodique est remarquable, growl et chant clair se mixent parfaitement et tout cela enchante une foule conquise. Avant un ‘Mortal Share’ bien death, Niilo harangue la foule puis pendant le morceau lance un joli circle pit. ‘Ephemeral’ est tout aussi puissante, très rythmée et avec un growl bien tenu. ‘And Bells They Toll’ calme le jeu. Majestueuse et mélancolique elle colle le frisson avec des parties de chant clair splendides et des riffs mémorables. ‘Pale Morning Star’ et ‘While We Sleep’ combinent force et mélodie avec classe. Les passages death impressionnent tandis que les moments calmes entraînent le public dans une tristesse d’une rare beauté. ‘Heart Like A Grave’ achève le concert avec la même force mélodique et un chant clair d’une rare pureté. Insomnium a été admirable, en communion totale avec le public il a rappelé qu’il demeurait un des meilleurs groupes du genre avec une incroyable capacité à véhiculer des émotions fortes.




Après ce moment fort on retrouve avec Stratovarius un autre groupe finlandais qui se fait rare. La formation est attendue par les amateurs de speed mélodique, le genre a perdu en popularité mais garde une bonne base de fans. D’entrée le groupe montre une belle forme avec ‘Phoenix’. Jens et son clavier sont en avant, Timo Kotipelto n’a rien perdu niveau puissance vocale et le solo est une petite merveille parfaitement jouée, puis avec ‘Eagleheart’ on retrouve un autre bon moment de speed mélodique, agréable à savourer. ‘Firefly’ est un nouveau titre, mélodique et rapide, dans le ton classique du groupe. Avec ‘Paradise’ et ‘Black Diamond’ le groupe propose deux classiques qui font un malheur avec des refrains fabuleux, des mélodies remarquables et un côté speed irrésistible porté par un clavier aux sonorités néo classiques. L’accueil du public est royal et le groupe apprécie l’ambiance.  ‘World On Fire’ est une autre nouveauté, plus heavy, qui fait un carton avec un refrain d’une grande force. Gros tube de la deuxième vie du groupe ‘Unbreakable’ est plaisant à savourer avec un refrain formidable et une mélodie prégnante. Le groupe finit avec un dernier tube, ‘Hunting High And Low’. Porté par le chant parfait de Timo et une belle maîtrise à la guitare et au clavier, le titre demeure un incontournable. Stratovarius a rassuré, il est en forme et les nouveaux titres augurent du meilleur. Chacun a hâte de le retrouver pour des concerts longue durée pour une fête encore plus grande.




Après la lumière ce sont les ténèbres qui vont être à l’honneur avec la venue de Dark Funeral. La légende black metal est attendue, l’intro lugubre lance la cérémonie en posant une ambiance prenante dans la Swamp. Avec ‘Unchain My Soul’ le groupe balance une tarte à tout le monde. Le rythme est d’une rare intensité, au micro Heljarmadr hurle sa haine avec une force peu commune. On retrouve l’excellence de l’art noir avec de la violence mais aussi des mélodies savamment dosées amenant un côté vénéneux attirant. Après ce début brutal la tension ne va jamais baisser. Le groupe se fait majestueux et méchant et avec ‘My Funeral’ et ‘Leviathan’ il écrase le public avec férocité. L’impression d’assister à une messe noire est palpable avec côté occulte porté par un chant droit venu des ténèbres et la foule apprécie la charge . La suite avec ‘Open The Gates’ ou ‘Nail Them To The Cross’ est jouissive avec une violence glaciale délectable et une capacité à proposer des moments mélodiques plus subtils. Le final avec ‘Let The Devil In’ et ‘Where Shadows Forever Reign’ est royal et confirme la classe du groupe pour un black majestueux et délicieusement accrocheur malgré la puissance dégagée. Dark Funeral  a fasciné son monde et confirmé sa place de grand de la scène black metal.




Dehors avec The Darkness le ton va se faire rock et festif. Entre hard et pop la bande de Justin Hawkins a connu des hauts en début de carrière et pas mal de moments délicats. Justin et ses hommes sont revenus à un excellent niveau et l’idée de les voir enfin est plaisante. La Prison affiche un joli taux de remplissage et dès l’entame avec ‘Growing On Me’ puis ‘One Way Ticket’ le groupe met le feu. Intelligemment il a sorti les tubes et on ne peut que savourer ce pur jus de rock mélodique. Justin en fait des tonnes, court partout et harangue la foule, il abuse un peu du falsetto mais ce chant fait parti du charme du groupe. Le côté fun fait du bien et la suite va s’avérer plaisante. ‘Motorheart’ est une nouveauté dotée d’un bon rythme et baignant dans un hard pop très frais. Justin est le showman dont rêvent nombre de formations, il joue avec une foule qui lui mange dans la main avec aisance. ‘Givin’ Up’ ainsi que ‘Love Is Only A Feeling’ font un carton. Les mélodies sont accrocheuses, les refrains soignés et Justin brille de mille feux. Il se fait aussi bavard, parfois dur à suivre mais toujours enjoué. ‘Japanese Prisoner Of Love’ et ‘Get Your Hands Off My Woman’ sont prenantes avec un joli sens de la mélodie et le chant en falsetto qui impressionne. Justin finit torse nu et continue à jouer avec la foule. Le grand moment arrive avec ‘I Believe In A Thing Called Love’, le tube qui avait fait connaître le groupe. Porté par un refrain fabuleux le titre fait un carton avec un côté Queen agréable. ‘Barbarian’ achève en beauté la prestation avec un côté rock efficace. The Darkness a fait impression, au milieu de formations métalliques il a fait bonne figure et montré qu’il était en pleine forme. Il a donné hâte de le revoir très vite pour un concert longue durée.




Par la suite avec Napalm Death le ton va se faire plus brutal. La Swamp accueille la légende du death grind et elle affiche complet. Avec le groupe britannique il n’y a pas d’intro, Barney et ses amis envoient la sauce. Les hostilités démarrent de manière intense par ‘Unchallenged Hate’. Punk, grind et totalement barge le titre est une claque anti-commerciale qui scotche au mur. Barney hurle comme un damné et se remue dans tout les sens donnant l’impression d’être en transe. La suite va s’avérer aussi brutale. ‘Fuck The Factoid’ est démente, ce titre récent est une charge ultra-violente et confirme que le groupe n’a rien perdu de sa hargne. Puis on retrouve du récent, notamment un extrait de l’EP récemment sorti, et les classiques comme ‘Scum’, ‘The Kill’ ou ‘Suffer The Children’. Au détour d’un speech Barney confirme le côté engagé de sa formation en évoquant le sort des réfugiés. Les titres s’enchaînent à toute allure, les musiciens sont en pleine forme et Barney ne cesse de sauter dans tout les sens en hurlant à s’en arracher les cordes vocales. La final va être une folie pure avec ‘You Suffer’ ou ‘Dead’ et ‘Nazi Punks Fuck Off’ qui achèvent en beauté un public assommé par la charge reçue. Napalm Death a tout détruit sur son passage, il a proposé un concert énorme de force et confirmait qu’il restait le maître en matière de death grind.



Après cette décharge la suite se déroule dans l’Helldorado pour retrouver Voivod. La légende canadienne du techno thrash connaît une deuxième jeunesse depuis l’arrivée en 2008 de Daniel Mongrain qui a insufflé une énergie énorme. Les fans sont au rendez-vous et la tente affiche un bon taux de remplissage. D’entrée le groupe enchaîne trois classiques. Avec ‘Experiment’, ‘The Unknown Knows’ et ‘Tribal Convictions’ il effectue une jolie démonstration de force, impressionnant par sa technique. Les riffs sont rapides et déjantés, à la batterie Away est bluffant et au chant Snake fascine avec le côté robotique qui a fait sa légende. L’intensité dégagée est énorme, la technique est au service des chansons et n’est pas juste de la démonstration stérile. La communion est totale avec un public heureux de retrouver ses héros. Avec ‘Synchro Anarchy’ et ‘Iconspiracy’ le groupe propose du récent et fait un carton montrant une classe folle avec des passages instrumentaux fous donnant le tournis. Après un dialogue sympa avec le public on retrouve ‘The Prow’. A la fois barge et plus mélodique et accrocheur le titre rappelle l’excellence de l’album "Angel Rat". La suite avec du récent, ‘Planet Eaters’ et ‘Sleeves Off’ et du classique comme ‘Overraction’ et ‘Pre-Ignition’ est plaisante avec la même qualité technique. Des riffs au chant en passant par le rythme rapide, tout est en place et ravit la foule. On sent le groupe heureux d’être sur scène. Il va achever son monde avec d’abord la reprise légendaire du ‘Astronomy Domine’ de Pink Floyd dans une version d’une rare intensité. ‘Voivod’ est parfaite pour finir, son côté ultra barge et déjanté achevant les cerveaux des derniers résistants. Voivod a montré une forme éclatante et confirmait qu’il restait le boss en matière de thrash technique.



Sous la Swamp le ton se fait occulte avec la venue des Polonais de Mgla. Sombre et vénéneux et entouré d’un parfum de mystère, le groupe œuvre dans un black froid et nihiliste. Il ne cesse de gagner en audience, profitant de la hausse de popularité du genre. La tente affiche complet et d’entrée avec ‘Age Of Excuse II’. Le public encaisse un déchaînement de violence dans un esprit black hargneux. Les musiciens sont cagoulés et totalement mutiques et ne font pas semblant de tabasser. La suite voit le groupe proposer un joli florilège de sa carrière. ‘Exercises In Futility I’ et ‘IV’ sont tout aussi brutales avec un côté sombre et vicieux qui se fait ressentir au milieu de la curée, le tout glaçant le sang. Jamais l’intensité ne retombe, entre ‘Age Of Excuse IV’ et ‘V’, ‘With Hearts Toward None I’ ainsi que ‘Mdlosci II’ il y a de quoi se faire plaisir pour qui aime un black violent taillé pour faire mal. L’ensemble est monolithique et sans temps mort mais cela fait partie du charme d’une formation qui cherche à assommer son auditoire. Le final avec les parties II et V de ‘Exercises In Futility’ et ‘Age Of Excuse VI’ est tout aussi méchant et sans pitié. Mgla reste une machine de guerre implacable. Son black metal demande un effort certain pour être appréhendé mais le jeu en vaut la chandelle.



Sur la Prison l’heure est à la tête d’affiche, malgré les changements de personnel Accept demeure un des grands patrons de la scène heavy metal. Porté par Wolf Hoffmann et Mark Tornillo le groupe fonce sans se retourner et évite le côté nostalgique que pas mal de ses confrères privilégient. La foule est au rendez-vous et l’ambiance excellente. D’entrée le groupe envoie deux titres de son petit dernier "Too Mean To Die". ‘Zombie Apocalypse’ et ‘Symphony Of Pain’ font leur effet avec une bonne puissance de frappe et des refrains efficaces. Mark est en grande forme et hurle avec conviction. Wolf balance des soli de grande classe et est bien aidé par ses deux compères guitaristes, discrets mais efficaces. Ils le prouvent avec le premier classique joué, ‘Restless And Wild’, qui fait un carton auprès d’un public ravi de retrouver un grand moment de heavy metal. Ensuite on retrouve deux autres titres récents, ‘Overnight Sensation’ et ‘The Abyss’. Il faut souligner le courage du groupe de mettre en avant sa carrière récente en festival. Ces titres sont plaisants avec un bon mix en puissance et mélodie, des refrains toujours soignés et un break calme sur la deuxième prenant. Pour évoquer ses débuts Accept balance un medley sympathique, qui permet de retrouver des extraits de ‘Demon’s Night’, ‘Starlight’, ‘Losers And Winners’ et ‘Flash Rockin’ Man’, quatre grands titres de heavy mélodique classieux.



Continuant à surprendre son monde Accept entame la seconde partie de concert avec ‘Objection Overruled’. Extrait de l’album du même nom un peu zappé quand on évoque la période Udo, le titre est un excellent moment de heavy teuton porté par un refrain martial efficace. Puis on retrouve deux autres titres de l’ère Tornillo : il propose d’abord un excellent titre plus calme (‘The Undertaker’), pépite mélodique avec juste ce qu’il faut de puissance et une bonne facette épique. Dans le même esprit, ‘Shadow Soldiers  montre un Mark est remarquable avec un ton voilé sur le refrain qui donne le frisson et un solo incroyable de classe d’un Wolf au top de son art. Passés ces deux moments émotionnels le groupe revient sur ses titres légendaires. Portés par un Mark qui n’a rien à envier à Udo ‘Princess Of The Dawn’, ‘Fast As A Shark’ et ‘Metal Heart’ collent le frisson. Le public se remue et apprécie ces moments de grâce avec des soli superbes et des refrains repris en chœur. Deux autres récents enchaînent, ‘Teutonic Terror’ est un immense moment de heavy à l’allemande doté d’un refrain qui reste en tête. ‘Pandemic’ est tout aussi efficace et séduit avec un autre refrain imparable. Le final va être royal, ‘Balls To The Wall’ est accueilli par une foule en transe qui savoure cette immense classique du heavy à sa juste valeur. ‘I’m A rebel’ est parfaite pour achever le concert. Ce classique n’a pas pris une ride et est l’occasion d’apprécier quatre guitaristes sur scène dans un esprit fun et détendu. Accept a assuré un excellent show et ravi son public. Il a montré qu’il restait un des patrons du genre fier de son glorieux passé mais aussi fier d’un présent qu’il a parfaitement mis en avant.



Cela achève la première journée du festival de la meilleure des manières. Le programme a été riche et varié et chacun n’a que une hâte en regagnant ses quartiers, revenir très vite pour une suite qui s’annonce tout aussi explosive et intense.


Plus d'informations sur http://www.acceptworldwide.com/
 
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