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TITRE:

TITAN (19 NOVEMBRE 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HEAVY METAL



Putain, 30 ans ! Plus de 30 ans que Titan n'avait pas donné signe de vie entre l'album live "Popeye le Road" sorti en 1988 et son retour sur scène en 2017... Retour concrétisé par un nouvel album "Palingenesia".
STRUCK - 31.12.2021 -
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Titan -la formation heavy metal créée à la fin des années 1980 et née sur les cendres de Killers- a eu une courte mais intense carrière à la faveur de son unique album -l'éponyme sorti en 1986... Il aura fallu attendre plus de 30 ans pour que le groupe renaisse à nouveau de ses cendres avec un nouvel album "Palingenesia"... Un groupe dont la carrière n'a rien d'un fleuve tranquille que ses membres nous racontent en détail, comme ses doutes concernant son aptitude à rejouer du Titan au moment de se reformer, son engagement... Tout ceci est à lire dans une passionnante interview... fleuve !


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée et à laquelle vous auriez potentiellement marre de répondre ?

Titan : (Rires) Non, il n’y en a pas !


Bruno avait déposé le nom Killers…





Avant de commencer, on va faire un petit rappel biographique pour ceux qui ne vous connaîtraient pas. Titan a vu le jour en 1986 suite à l’explosion de Killers, quel regard portez-vous sur cette séparation avec Bruno Dolheguy, c’était tellement impossible de travailler avec lui ? Au vu de la suite vous certains n’ont jamais été tenté de retourner dans Killers ?

Patrice Le Calvez : A une époque, c’était devenu compliqué de bosser avec Bruno. Au bout d’un moment, on s’est dit que ce n’était plus possible de continuer comme ça : on a donc décidé de continuer mais sans Bruno. Et il s’est trouvé qu’entretemps, Bruno avait déposé le nom Killers…


… Ça allait être notre question suivante justement…

Patrice : Tout à fait ! C’est logique : alors que quatre membres partent, pourquoi ils ne s’appellent pas Killers…


D’autant que dans ces quatre, il y a le chanteur qui est la figure emblématique d’un groupe quel qu’il soit…

Pascal Chauderon : C’est vrai !

Patrice : Donc il avait déposé le nom comme étant sa propriété et comme nous ne pouvions plus l’utiliser, il a fallu en trouver un autre et on s’est appelé Titan !


La carrière de Titan a été en mode express, l’album était convaincant pourtant vous avez explosé derrière, pourquoi Patrice as-tu fait le choix de tout arrêter en 1989 ? L’époque musicale commençait à changer et les modes évoluaient, cela peut expliquer ce choix ?

Patrice : Si tu veux, j’étais le premier à partir à ce moment parce que je m’étais installé à mon compte -j’étais artisan, je faisais énormément d’heures- et souvent, on utilisait mon fourgon pour partir jouer mais je devais décharger mon bazar du boulot, on rechargeait le matériel musical, on partait pour dix heures de route pour aller jouer -on était juste défrayés, on ne touchait pas de cachet- on rentrait et je devais me cogner le rechargement de mon matériel professionnel le lundi matin… J’ai fait ça pendant des années…
J’ai fait ça dans Titan mais également dans Killers où nous étions également juste défrayés nous ne touchions absolument rien… et à un moment donné, ça commençait à devenir compliqué et pesant pour moi de continuer dans ces conditions. Et ensuite, quelqu’un est venu pour me remplacer…


Titan et Patrice ne font qu’un !




… Justement, Richard Paul t’a remplacé au chant un temps avant le split au chant, qu’est-ce qui n’a pas marché avec lui ? Il reste des traces des enregistrements de ce qui aurait pu être votre deuxième album ? Que s’est-il passé ?

Patrice :  Il s’est passé que tout simplement la maison de disques n’a pas suivi…

Pascal : La maison de disques n’a pas suivi mais musicalement, ça avait commencé à un peu changer et ça n’a pas été probant pour le producteur. Mais de toute façon, le départ de Patrice a été déterminant parce que Titan et Patrice ne font qu’un !


Mais on aurait pu penser la même chose pour Killers finalement…

Pascal : Effectivement…

Patrice : Oui, c’est vrai ! Mais tu vois, Killers a continué avec plusieurs chanteurs et finalement, au bout d’un moment, Bruno m’a dit qu’il avait pris le chant pas parce qu’il est chanteur mais parce qu’il ne trouvait personne. Il était peut-être le plus légitime dans Killers pour le faire et c’est pour ça que les gens l’ont accepté…


Tu sous-entends que tu parles avec Bruno. Est-ce à dire que vous vous êtes quittés en bons termes malgré tout, ce n’était juste pas possible de travailler ensemble ?

Patrice : C’est ça ! Bon, au moment de la séparation, il y a quand même eu une période de "guerre froide" pendant quelques années mais la hache a été enterrée : on s’entend très bien aujourd’hui !


Avec sa pochette iconique, le premier album de Titan a des allures de légende du heavy français, il est de plus introuvable, comment expliquer ce statut particulier, cette aura qu’il possède ?

Patrice : Titan est une toute petite histoire… Mon opinion personnelle est que l’album ne devait pas être si mauvais que ça, il a été bien reçu… et les gens devaient attendre un autre album et des tournées…


… mais en aviez-vous eu conscience déjà à l’époque ?

Patrice : Non, pas du tout !


Et quand avez-vous constaté cette attente ?

Patrice : Je me rappelle d’avoir accepté de répondre à des interviews de fanzine par mail il y a pratiquement une dizaine d’années, et c’est là que je me suis rendu compte que bien que nous ayons arrêté depuis des années, on demandait de nos nouvelles même si à l’époque, il n’y avait pas de prévision de reformation…
C’est donc début des années 2010 que j’ai constaté ça mais avant, je ne pensais pas du tout que les gens se souvenaient encore de nous (Sourire)…
 

La reformation de Titan n’[était] pas du tout prévue


Et donc trente ans après vous êtes de retour, comment le Pyrenean Warriors Open Air vous a convaincus de remettre le couvert en 2017 ? Mais n’aviez-vous pas eu peur avant de vous lancer, avec en tête le doute de savoir si vous étiez toujours capable de le faire ?

Pascal : C’est exactement la question qu’on s’est posée à ce moment-là (Sourire) ! Mais il faut savoir qu’à cette époque, la reformation de Titan n’est pas du tout prévue. On avait monté un cover band d’Accept pour le plaisir…


Nous nous demandions si nous étions encore capables de jouer du Titan ?




Non, c’est un cover band d’Herbert Léonard dans ces conditions…

Pascal : (Rires) ! Et quand on est montés sur scène avec ce groupe, certaines personnes du public a constaté que c’était la quasi-totalité de Titan sur scène. C’est venu aux oreilles des organisateurs du Pyrenena Warriors Open Air -fans de Titan- qui ont osé poser la question de savoir si nous pouvions faire un concert avec le groupe Titan.
On a trouvé la question assez étrange trente ans après… et on n’a pas répondu tout de suite parce que nous nous demandions si nous étions encore capables de jouer du Titan ? On s’est réunis, on a répété et on a très vite vu que c’était toujours là (Rires) ! On a donc accepté l’idée de faire ce concert parce qu’à la base, ça ne devait être qu’un concert unique !


Durant ces trente ans avez-vous gardé un lien avec le milieu musical, metal ou pas ? Auriez-vous pensé pendant ces années revenir un jour aux affaires ?

Patrice : Franchement ? Non !

Pascal : On a toujours baigné dans la musique parce que ça a été notre métier et ça l’est encore pour la plupart d’entre nous, mais Titan était resté dans le passé, c’était un sujet qui était clos…

Patrice : C’est une partie de notre histoire…

Pascal : … mais ce n’est jamais venu à l’esprit à l’un d’entre nous de remettre le couvert… Ce sont vraiment les fans qui ont poussé l’idée et qui ont fait qu’elle s’est concrétisée !


Et entre ce concert Pyrenean Warriors Open Air, quel a été le deuxième élément déclencheur ? Fort de ce concert réussi, vous êtes-vous dit que c’était maintenant ou jamais pour reprendre, avant d’être…

Patrice : … has been, tu peux le dire (Rires) !


… plutôt trop vieux et d’avoir des regrets ?

Patrice : Non, non, si tu veux, on a reçu une telle bouffée d’amour et d’émotions au Pyrenean Warriors que ce n’était pas possible d’en rester là, il fallait continuer… Tout s’est déclenché tout doucement : tout en faisant des concerts à droite, à gauche, on a commencé à faire un morceau, un deuxième puis un troisième… qui tenaient bien la route et on les intégrait tout doucement au répertoire des concerts et on voyait que ça fonctionnait… on pouvait faire un album (Rires) !


Nous ne voulons surtout pas surfer sur la nostalgie…




A la lecture de ta réponse, on peut donc en conclure que vous n’avez été jamais confrontés au syndrome de la page blanche et de rater ce retour attendu ?

Patrice : Autour de nous, on voyait ces groupes qui se reformaient et nous ne voulons surtout pas surfer sur la nostalgie… et même si nous n’avions pas composé depuis un moment, on a quand même constaté que nos premiers nouveaux morceaux tenaient la route et que nous n’avions pas perdu la main…

Pascal : C’était très naturel !


Même si vous avez déjà commencé à jouer certains nouveaux morceaux, j’imagine que vous devez être impatients de défendre ce nouvel album sur scène, ce qui va vous permettre de ne jouer que du Titan et laisser Killers de côté pour de bon ? En clair, cet album et les dates futures scellent la renaissance concrète du groupe…

Patrice : Tout à fait ! On trépigne depuis notre dernier concert au Petit Bain avec ADX en janvier 2020… On n’attend que ça (Rires) !


Et ce nouvel album c’est "Palingenesia". Première question évidente, pourquoi ce titre en grec ? Il signifie “renaissance” mais dans le sens de régénération, votre première renaissance c’était en 2017 et là avec l’album, c’est une autre renaissance en quelque sorte ?

Pascal : On inclut l’album dans cette démarche du retour, il n’est pas à part : c’est une continuité ! Et quand on a commencé à chercher un nom qui convenait, des mots sont revenus très rapidement comme "Renaissance", "Résurrection"… des termes qui ne faisaient pas l’unanimité sachant que nous ne sommes pas les seuls à revenir, comme Sortilège… On se disait qu’ils devaient plus ou moins penser la même chose, on s’est dit qu’il fallait aller plus loin et en fouillant est arrivé ce mot qu’on peut s’accaparer parce que c’est un terme qui n’a pas été employé, même s’il existe bel et bien. Le mot en lui-même est beau à voir, il est intéressant, il interpelle et il dit exactement ce que nous sommes aujourd’hui : il avait tout pour lui !


On n’a jamais mâché nos mots, ça fait partie de l’ADN du groupe


Comme cet album finalement. Niveau thèmes le disque est très engagé, assez sombre, à l’image en fait de notre société actuelle, est-ce que la déliquescence actuelle, qu’elle soit politique, médiatique ou sociale, a pu aussi vous inciter à remettre le couvert pour hurler une colère et tenter de faire bouger les choses ?

Patrice : Peut-être (Sourire) ! On n’a jamais mâché nos mots, ça fait partie de l’ADN du groupe c’est-à-dire que nos textes ont toujours été engagés et ce sont souvent des textes qui correspondent à la période que nous vivons. Aujourd’hui, rien n’a changé : il y a plein de choses à dire et on avait envie de les dire.


Ces mots engagés n’ont pas été trop difficiles à contenir pendant ces trente années de silence ?

Patrice : Non, non ! Je suis quelqu’un qui déteste l’injustice et par exemple, le thème de ‘Rage et Haine’ est clairement inspiré des attentats du Bataclan : quoi de plus injuste que d’aller voir un concert et… voilà !
Toutes ces choses qui dérangent ou d’autres morceaux comme ‘Liberté’ qui est inspiré par les médias qui ne nous déversent que des sujets concernant telle ou telle communauté qui a fait ça ou ça… A un moment donné, tu as envie de dire : "Merde ! Nous sommes dans une République. Chacun fait sa vie mais on a une règle, des valeurs qui nous englobent tous et qu’on doit respecter !".


J’ai eu la chance de vivre dans les années 1980 [...] il y a eu un vent de liberté qui soufflait sur le pays à cette époque ! Et j’ai l’impression qu’on est en train de régresser à tous les niveaux


Justement dans cet album, tout y passe et c’est un constat bien amer qui est fait. Comment vous sentez-vous en tant qu’humain dans notre monde actuel devenu si égoïste ?

Patrice : C’est clair ! Je dirais que j’ai eu la chance de vivre dans les années 1980 c’était génial et ce n’est plus tout à fait pareil maintenant : il y a eu un vent de liberté qui soufflait sur le pays à cette époque ! Et j’ai l’impression qu’on est en train de régresser à tous les niveaux : par exemple, les humoristes doivent être politiquement corrects sans qu’un mot ne dépasse…


Oui on imagine mal par exemple les sketchs de Coluche passer à la télé aujourd’hui…

Patrice : Oui, et c’est dommage ! Bien sûr il faut le faire en respectant les gens mais je pense qu’on peut tout dire sans avoir peur de le faire…


Le côté Trust est présent [...] et il est clairement assumé


La religion est bien évoquée, avec ‘Les Fous de Dieu’ notamment ; quel regard portez-vous sur ces religions qui de plus en plus prennent de la place dans nos vies ? Ce titre très fort avec ces répressions scandées peut évoquer le Trust engagé des années 1970 sous Valéry Giscard d’Estaing…

Patrice : Tout à fait ! C’est vrai que le côté Trust est présent dans ce titre et il est clairement assumé. Et au niveau du texte, on respecte les croyances mais il y a un cadre légal dans lequel on peut s’exprimer et il faut le respecter. A partir du moment où tu commences à sortir du cadre et que tu veux que la religion prenne plus de place que les règles : c’est hors de question ! On a la chance d’avoir une séparation de l’église et de l’état : il faut que tout le monde s’en rappelle !

Pascal : Mais il faut souligner que ce ne sont pas les religions qui sont responsables mais ce qu’on en fait !


Pourquoi aller dans le sens du courant s’il est mauvais ?




Et inversement, vous parlez aussi de ‘Liberté’, ce titre en appel à la fraternité qui s’est perdue sonne fort et à contre-courant des considérations actuelles de haine et de racisme banalisés. Vous vous engagez fortement dans un pays où les idées non fraternelles sont devenues majoritaires, ne craignez-vous pas de vous mettre pas mal de gens à dos ?

Patrice : C’est à contre-courant, mais pourquoi aller dans le sens du courant s’il est mauvais ? Nous ne faisons que rappeler la devise de notre pays "Liberté. Egalité. Fraternité". Il y a eu la France Black/Blanc/Beur quand on a gagné la Coupe du Monde en 1998 et c’était génial…


… Pourtant vingt plus tard, on la regagne sans ce mouvement d’unité…

Patrice : C’est dommage ! Ça veut dire que le reste de la société a changé en vingt ans.  C’était quand même vachement bien ce qui s’est passé en 1998 : un mouvement sportif pouvait fédérer des gens d’horizons complétement différents.
Donc même si notre message est à contre-courant, c’est important de rappeler que c’est ainsi que ça devrait se passer (Sourire) !


‘Marche’ évoque les Gilets Jaunes, un mouvement à la base populaire, d’une France d’en bas oubliée totalement, ça a l’air de vous avoir marqué, vous sentez-vous solidaires de ce gens et de ne pas les oublier quand vous avez écrit le disque, sachant qu’à l’apogée de ce mouvement, pas un disque ne sortait sans cette allusion alors qu’on semble l’avoir oublié aujourd’hui ?

Patrice : J’ai écrit les paroles et ça me tenait à cœur parce qu’à la base, c’était un mouvement juste avec des revendications justes. Le problème est qu’à force d’être médiatisé, récupéré et détourné… on ne communiquait plus que sur le côté négatif des Gilets Jaunes et notamment le fait qu’il était composé de casseurs.

Pascal : C’était une stratégie…

Patrice : … pour faire tomber le mouvement ! Et je trouvais que c’était quelque chose de bien… Et le plus énorme est que ce qui a fait démarrer le mouvement, c’était le prix du carburant et quand tu vois à quel montant il est aujourd’hui c’est-à-dire plus élevé qu’à l’époque et il ne passe rien…


… si, on a un chèque de 10 euros par mois…

Patrice : (Rires) Merci Monsieur Macron !


On a également retenu le titre ‘Résurrection’. Ecrire sur votre retour, sur les fans présents qui ne vous pas oubliés, c’était un passage obligé sachant que ce titre est un hymne en devenir pour les concerts en forme de communion avec votre public ?

Patrice : Comme on disait tout à l’heure, ce titre raconte précisément le jour de notre retour sur scène avec Titan. C’était tellement énorme, tellement d’émotions, d’amour… qu’il fallait qu’on en parle sachant que c’est un peu ça qui a déclenché tout le reste.


Pour revenir à cet amour, quand on constate le mouvement assez incroyable derrière vous, vous ne regrettez rien en vous disant que si vous n’aviez pas fait cette longue pause de trente ans, le groupe serait un Titan sur l’échiquier musical français ?

Patrice : Personnellement, non…

Pascal : Moi non plus…

Patrice : … parce que je considère que quand j’ai arrêté, je n’avais plus la pêche. Il faut être sur scène tant que tu as des choses à y faire. Tu es sur scène pour échanger quelque chose avec les fans mais si tu montes sur scène parce que tu es contraint et forcé, ce n’est pas la peine. J’ai arrêté parce que je n’avais plus cette pêche mais aujourd’hui, je n’ai plus envie d’arrêter (Rires) !

Pascal : Et en plus, je trouve qu’on l’apprécie vraiment mieux ! On a tous conscience qu’on a tous beaucoup de chance…


… mais vos fans aussi de vous revoir…

Pascal : Oui mais il aurait pu nous oublier. Et toutes ces étapes depuis 2017, ce n’est que du bonheur ! Et on veut garder cette idée de se faire plaisir et faire plaisir !


‘A la vie A la mort’ est assez surprenant, d’où vient cette envie de chant clair ? Ça amène de la force à ce titre très mélancolique en forme de constat sur la vie ?

Patrice : Non ! En fait, si tu veux, c’est un peu le morceau à part du reste de l’album. C’est Pat le guitariste qui a amené cette idée à la guitare…


… il a amené et il est parti…

Patrice : (Rires) Oui, elle est facile celle-ci. J’ai entendu les arpèges qui étaient très mélancoliques et j’ai tout de suite pensé à quelque chose de très personnel à savoir que j’ai perdu un de mes fils en 2014… J’ai tout de suite pensé à lui et il fallait que j’écrive quelque chose.
J’ai commencé à écrire mais c’était beaucoup trop personnel -j’étais trop impliqué- et du coup, j’ai refait le texte plusieurs fois en consultant tous les membres et on a fini par arriver d’accord sur un texte que tout le monde peut s’approprier, c’est-à-dire que toute personne qui a perdu quelqu’un de proche -de la famille ou un ami très proche- peut se l’approprier et ça va faire remonter des choses…


Et comment ta famille a accueilli ce morceau ?

Patrice : C’était… dur mais c’est bien ! Nous ne sommes pas programmés pour voir son gamin partir avant soi, ça arrive, c’est difficile mais à mon avis, ça fait aussi partie de la "thérapie" de pouvoir extérioriser des choses que tu ne vas pas pouvoir dire…


On a des idées, des engagements… indépendamment du fait qu’ils soient bons ou mauvais, il faut transmettre quelque chose !




Et on revient à une des questions du début, n’a-t-il pas été trop compliqué de garder ces choses et notamment celle-ci en toi pendant toutes ces années sans les extérioriser ?

Patrice : Oui, oui… c’est sûr que c’était compliqué pour certaines choses. Certes, on a composé le titre ‘Rage et Haine’ sur les attentats du Bataclan bien après les attentats mais c’est quelque chose qui nous a marqués et il était important d’en parler…
Quelque part, on écrit en français et si on le fait en français, c’est qu’on a quelque chose à dire, et en même temps j’estime qu’un artiste doit aussi passer un message sinon ça ne sert à rien du tout ! On a des idées, des engagements… indépendamment du fait qu’ils soient bons ou mauvais, il faut transmettre quelque chose ! Après il y aura toujours un débat -des gens seront pour, d’autres contre- mais au moins, ça fera réfléchir !


Musicalement de façon assez surprenante, on pense à Accept assez souvent…

Pascal : C’est bizarre (Rires) !


… pour ce côté speed mais mélodique, ils ont réussi un retour en force, c’est un modèle de réussite pour vous ?

Patrice : Bien sûr ! Ils font clairement partie de nos influences, on ne l’a jamais caché : Accept, Judas Priest… Ce sont des influences mais il y a quand même un ADN Titan ! Au niveau son, cet album est beaucoup plus actuel que l’ancien mais quand tu reprends les compos, c’est toujours dans la continuité.


Il y a indéniablement cette patte Titan dans cet album qui a un son puissant mais pas moderne, c’était aussi important de garder un côté old-school mais non-passéiste à ce niveau ?

Pascal : Non-passéiste, c’est exactement ça !

Patrice : Quand tu as un noyau de fans, tu ne peux pas faire quelque chose de complétement différent.

Pascal : Et on ne s’y serait pas retrouvés de toutes façons !

Patrice : On a vraiment insisté pour produire nous-mêmes, c’est-à-dire que nous avons financé nous-mêmes toute la partie production artistique -enregistrement, mixage et mastering- parce que nous savions précisément ce que nous voulions : nous voulions que le produit fini soit exactement comme on le souhaitait.


Ce qui frappe, c’est le côté direct des titres, ça va droit à l’essentiel, ça sonne frais et très live, c’était aussi le but de ne pas surcharger les chansons ?

Patrice : On est un groupe live.

Pascal : On imagine toujours être sur scène quand on joue.

Patrice : Et ça intervient dans la compo… Depuis qu’on s’est reformés, à chaque fois, on nous fait remarquer qu’on a un gros son, une grosse énergie sur scène… et il fallait qu’en écoutant cet album studio, on retrouve cette puissance, cette énergie… Et nous sommes très contents parce qu’on les retrouve !


Au chant, tu nous impressionnes, tu as l’air encore plus hargneux qu’il y a trente ans : tu sonnes même quasi-thrash parfois, c’est quoi le secret pour garder une telle voix et une telle puissance ?

Patrice : Il ne faut pas encourager les gens à le faire mais le secret est de fumer quasiment un paquet de clopes par jour et je bois quelques bières (Rires) ! Non, mon secret est peut-être d’avoir continué la musique et faire des reprises pendant plus de vingt ans : ça a maintenu ma voix en forme !

Pascal : Et la maturité se ressent également !




Vous aviez évoqué votre dernier concert que vous aviez donné avec ADX. Justement comment vous situez-vous vis-à-vis de vos compères français de l’époque ? ADX continue de foncer mais a largement rajeuni ses membres et d’autres jeunes groupes émergent comme Existance qui entretiennent une tradition heavy….

Patrice : Si tu veux, il n’y a jamais eu de forme de concurrence, d’envie ou de jalousie avec ADX et Vulcain avec qui on a très souvent joué. Et aujourd’hui, c’est génial que des groupes plus jeunes que nous comme Existance, Tentation arrivent et continuent d’entretenir la flamme…

Pascal : J’ai l’impression que nous sommes tous les mêmes gamins quand on se retrouve tous ensemble dans des festivals, comme si le temps n’avait pas d’emprise… On est comme des gosses, c’est impressionnant !


On a commencé l’interview en évoquant Killers, on va finir avec lui. Votre ancien groupe travaille totalement en mode artisan et semble un peu en retrait, que cela vous inspire ? Avec votre album vous vous voyez comme une sorte de Killers 2.0, en gros, celui que les fans étaient en droit d’attendre ?

Patrice : C’est compliqué de répondre à cette question. C’est un choix assumé de leur part de faire ça de façon artisanale. Ça se respecte mais forcément, tu n’as pas toutes les possibilités que t’offre un label…


Et vous qu’attendez-vous de cet album ?

Patrice : Que les gens se l’approprient le plus possible parce que ça nous soutiendra et ça nous permettra aussi d’échanger après sur scène. Vraiment que les gens se l’approprient, et on espère qu’il plaira au plus grand nombre. On sait très bien qu’on ne peut pas plaire à tout le monde mais c’est le jeu…


Et vous avez des dates prévues pour échanger, justement ?

Patrice : Il y en a une de prévue à Saintes le 19 février 2022. D’autres sont actuellement en pourparlers et donc pas définitivement signées : je ne peux donc pas encore en parler… mais ça commence à bouger (Sourire) !





Avant de se quitter, on a commencé par la question qu’on vous a trop souvent posée au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?

Patrice : (A Sébastien Blanc qui vient d’arriver) Tu tombes bien tiens (Rires) !

Sébastien : Qu’est-ce que je peux dire comme bêtise ? Qu’est-ce que vous voulez boire ? (Rires)


On est servis merci… Merci beaucoup !

Titan : Avec plaisir, merci à vous ! Merci les gars !


Et merci à Noise pour sa contribution...


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