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TITRE:

PHILLIP MICHAEL SCALES (14 OCTOBRE 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLUES



Le neveu de BB King débarque dans l'univers du blues...
STRUCK - 12.11.2021 -
10 photo(s) - (0) commentaire(s)

Même si sa carrière ne débute pas avec cet album, "Sinner-Songwriter" est le premier album où l'artiste s'assume totalement -et notamment sa filiation avec un des rois du blues- pour présenter sa déclinaison du blues, le dive bar soul qui devrait rapidement sortir de la confidentialité des bars clandestins...





Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée et à laquelle tu aurais marre de répondre ?

Phillip-Michael Scales : Oh mec (Rires) ! Je ne sais pas… je dirais que j’aime répondre aux questions, j’aime parler (Rires) !
Mais c’est vrai que pleins de gens me posent des questions concernant mon oncle mais ça me va, j’aime garder son nom en vie…


Justement, tu es le neveu de BB King. Pourtant tu n’as commencé à introduire du blues dans ta musique qu’après sa mort. Pourquoi, afin de garder son nom en vie comme tu viens de le dire ?

Eh bien, oui et non ! En fait, il faut être plus âgé pour bien comprendre le blues.


Après sa mort, toutes les leçons qu’il m’a données ont pris toutes leurs significations.



Il faut avoir une certaine maturité pour chanter le blues selon toi ?

Oui, et aussi être un meilleur guitariste. Pour ma part, j’ai essayé de rester à l’écart de cette scène : il fallait que j’apprenne notamment à composer, à faire du rock’n’roll… Je l’ai fait un certain temps et après sa mort, toutes les leçons qu’il m’a données ont pris toutes leurs significations.


J’ai commencé à connaître le succès après sa mort et je suis très fier de pouvoir garder son nom en vie


Justement, c’est plus ou moins le même discours que nous a tenu Archie Lee Hooker qui nous disait également qu’il lui avait fallu du temps pour se remettre du décès de son oncle, c’était compliqué parce que plus qu’un oncle, John Lee Hooker était son meilleur ami… Avais-tu la même relation avec ton oncle ?

Effectivement, nous étions très bons amis avec mon oncle. Et concernant ma carrière, j’ai commencé à connaître le succès après sa mort et je suis très fier de pouvoir garder son nom en vie. Mais dans le même temps, c’était un mentor et aujourd’hui, c’est compliqué pour moi parce que je ne peux pas l’appeler pour lui poser tout un tas de questions… Il me manque énormément !


Toujours concernant Archie Lee Hooker, ton nouvel album contient un titre ‘When They Put Me In My Grave’ avec lui, avez-vous échangé sur vos relations communes avec vos oncles ?

Nous avons un peu discuté de cela : nous nous comprenions…


Vous n’aviez pas besoin d’en parler, c’était évident…

Absolument ! Et ce titre en duo traite de l’héritage black américain et le fait d’avoir été esclave, ce genre de choses… chaque génération essaie à chaque fois de faire mieux. Et quand j’ai écrit cette chanson, il venait de mourir et j’avais cet héritage immense.
Quand tu cites BB King, tout le monde va pouvoir en parler et aujourd’hui, je me pose la même question me concernant : que diront les gens de moi plus tard ?


Je ne serai jamais BB King mais je serais un très bon Phillip-Michael !




Effectivement, tu disais que chaque génération faisait en sorte de faire mieux, dans ton cas comment faire mieux que BB King ?

Je ne serai jamais BB King mais je serais un très bon Phillip-Michael (Sourire) ! Et c’est exactement ce qu’il me disait à savoir qu’il réussissait à se renouveler chaque soir en faisant en sorte de ne pas reproduire ce qu’il avait fait la soirée précédente. Il me disait qu’il fallait que je sois un bon musicien, il ne me disait pas d’être un bon bluesman ou une star du rock’n’roll, il me disait juste d’être un bon musicien.
Et en faisant mes propres trucs, j’ai pu découvrir le rock’n’roll et la bonne façon de composer…


… mais à l’époque, avais-tu en tête de revenir au blues ?

Non, c’est juste que ça s’est imposé comme la chose à faire à un moment donné.


Par la même occasion, tu as abandonné ton ancien nom d’artiste, Briar Rabbit, pour ton vrai nom. Est-ce que tu dirais que c’est ta façon de t’assumer pleinement en tant qu’artiste ?

C’est ça ! Et puis Briar Rabbit se rapprochait plus d’un groupe. Et j’ai commencé à écrire des chansons plus personnelles qui ne pouvaient venir que d’une personne et ça m’a permis de commencer à trouver mon identité.


Cet album "Sinner-Songwriter" fait suite à l’EP 5 titres du même nom paru en 2018. Cet EP était-il un essai pour voir si cette nouvelle orientation musicale vers le blues pouvait toucher le public ?

Absolument ! Cet EP était définitivement une sorte de test pour ce que j’appelle le "Dive Bar Soul". C’est très important pour un artiste de sortir des choses, il n’y a rien qui puisse remplacer ça. Pour apprendre, il faut faire les choses…


Depuis cet EP qui date de 2018, il s’est passé trois ans. Sachant que je suppose que les titres figurant sur cet album étaient déjà prêts à l’époque : que s’est-il passé outre la pandémie ?

Aujourd’hui, cela prend beaucoup de temps pour sortir un album surtout si tu veux le faire dans les bonnes conditions comme trouver un label pour presser les CDs, faire de la promotion et rencontrer des gens comme vous… pleins de choses différentes qui nécessitent de l’argent… Et le deal signé avec Dixiefrog Records a été très important pour moi parce que ça m’a permis de sortir cet album dans les conditions optimales.


En contrepartie, qui dit deal avec un label peut signifier une quelconque pression de sa part ?

Non, pas du tout ! Au contraire, c’était cool parce que ça s’est déroulé pendant la pandémie et je n’avais rien d’autre à faire. Aujourd’hui, c’est différent, je suis sans cesse dans les avions pour enchaîner les tournées. Aujourd’hui, je suis super occupé et je n’aurais pas pu gérer les échanges avec le label. Pendant la pandémie, il n’y avait aucun concert, j’avais le temps de m’assoir, écrire et essayer des parties de guitares… c’était le moment idéal !


Tu l’as dit tout à l’heure, tu définis ta musique comme étant du "Dive Bar Soul", peux-tu nous expliquer ce nouveau style musical ?

Aux Etats-Unis, tu as des bars qui ne sont pas chers, sans artifice - c’est un peu ton café bar local - qui te sert des bières, des boissons basiques… C’étaient les endroits dans lesquels je traînais à Chicago quand j’avais vingt ans. Des endroits dans lesquels tu as des conversations très profondes, des endroits dans lesquels tu es trop alcoolisé, des endroits dans lesquels tu tombes amoureux, des endroits dans lesquels tu as le cœur brisé… des endroits où tout peut arriver. Dans ces bars clandestins (NdStruck : traduction littérale de "Dive Bar") est jouée une musique indé rock. Et pour moi, c’était le terme parfaitement approprié pour le style de musique que je joue.


Apporter cette passion et cet héritage des noirs américains dans le rock indé et le rock’n’roll étaient deux aspects des choses auxquelles je voulais m’identifier.



La soul est effectivement très présente dans ta musique, dans ta voix d’abord, mais aussi dans les chœurs gospel sur des titres comme ‘Send Me There’, ‘Feels Like Home’ ou ‘Shame’. Pourtant "Sinner-Songwriter" est sans doute l’album de blues le plus moderne que nous avons pu écouter récemment. Est-ce que c’est ça ton réel défi : faire entrer le blues dans le XXIème siècle ?

Je dirais que le blues évolue. Effectivement, tu vas entrer dans une douzaine de bars et techniquement, tu entendras les notes traditionnelles du blues. Et j’espère pouvoir apporter cette passion. J’ai ce souvenir de cette femme qui chantait la vraie vie (ses chagrins d’amour, le racisme…), et apporter cette passion et cet héritage des noirs américains dans le rock indé et le rock’n’roll étaient deux aspects des choses auxquelles je voulais m’identifier.


"Sinner-Songwriter" est un titre particulièrement bien choisi. Tu es un compositeur doué et tu possèdes une vraie identité, à la frontière du blues, de la soul et de la pop. Est-ce que ton ambition est de faire aimer cette musique aux nouvelles générations ?

Tu sais, j’essaie juste d’écrire ce que je ressens, ce qui me donne du plaisir et j’essaie de trouver les gens qui vont trouver du plaisir à écouter ces chansons : c’est mon but ! Je n’ai une ambition démesurée : je veux juste jouer ma musique pour le plus de personnes possibles.
J’espère juste que les gens pourront se connecter à mes chansons.


Certains titres sonnent comme un hommage à tes ancêtres et ont une ambiance très negro-spiritual. Je pense notamment à ‘O’Hallelujah’ et ‘Tell Me How I Sound Again’. Dans quelle mesure te sens-tu le descendant de cette musique noire américaine ?

En fait, je le suis ! Il y a un immense héritage de la musique noire aux Etats-Unis et c’est la fondation de toutes les musiques aux Etats-Unis qui l’exploitent. Et c’est ce que j’essaie vraiment de faire également.
Aux Etats-Unis, avant Internet, les médias résumaient les artistes noirs américains à du rap, du r’n’b, ou crimes, drogues et sport… mais aujourd’hui, je dirais que nous avons la possibilité d’étendre l’idée de ce que signifie d’être noir à commencer par réclamer le rock’n’roll : nous le revendiquons !


Même si tu ne comprends pas tous les mots, rien que dans la musique, tu peux ressentir ce désespoir et cette passion.




Et le blues qui est une musique qui tire son origine des souffrances des noirs américains, de l’esclavage… résume parfaitement cette revendication…

Le cœur de la musique est la guérison ! Les gens écoutent de la musique pour se sentir mieux. Mon boulot en tant qu’artiste est d’apporter mon expérience, être vulnérable et partager afin que les gens constatent que si je m’ouvre à eux, ils pourront le faire également.
Nous avons tous fait des choses et failli : je fais de la musique depuis 15 ou 20 ans et je n’arrête pas d’essayer… Nous avons tous une passion et il ne pas avoir honte de s’effondrer et pleurer parce que ta passion ne paiera pas… Apporter tout cela, ma passion du blues, de la soul et du gospel, est un très bon véhicule parce que même si tu ne comprends pas tous les mots, rien que dans la musique, tu peux ressentir ce désespoir et cette passion.


Et concrètement quelles sont tes attentes pour cet album ?

J’essaie de ne pas avoir d’attentes, en revanche je dirais que cet album est une belle déclaration, une très belle carte de visite pour montrer qui est Phillip-Michael : un artiste qui fait attention aux mots, à tout ce qui vient du cœur… Et concernant le son, une sorte de rock bluesy, soul…
Je veux créer mon identité avec cet album !
Et plus personnellement en tant qu’artiste, mon boulot est de faire en sorte que mon talent actuel se rapproche de mes aspirations. Si tu te concentres pour combler cet écart, c’est parfait !


Nous avons commencé cette interview avec la question que l´on t´avait trop posée. Au contraire, quelle est celle que tu aurais souhaité que je te pose ou à laquelle tu rêverais de répondre ?

Aimerais-tu avoir de l’argent ? Et je répondrais : (en français) "Absolument !" (Rires)





Merci

(En français) "Merci beaucoup !"


Meric à Newf pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/phillipmichaelscales
 
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