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TITRE:

ALLYSON GLADO (19 MARS 2019)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

-



Music Waves vous fait découvrir l'envoûtante Allyson Glado...
STRUCK - 09.04.2019 -
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A l'occasion de la sortie de son premier album "S- Moi", nous avons rencontré l'envoûtante, mystérieuse et ambitieuse Allyson Glado...


Nous aimons commencer nos interviews par cette question : quelle est la question qu’on t'a trop souvent posée ?

Allyson Glado : La question qu’on m’a le plus posée est : "Que signifie le titre de ton album ?".





Et on ne te la posera pas mais on va plutôt parler de ta carrière. La musique n’était pas ton premier choix, sauf erreur tu te destinais à être comédienne, tu as d’ailleurs suivi les Cours Florent, en quoi cette formation t’aide pour ta musique et tes compositions ?

Il faut savoir que les deux sont compatibles puisque effectivement les trois années de formation m’ont aidé à créer un show qui m’est propre et qui donne le personnage d’Allyson Glado qu’on retrouve dans les concerts.


Justement est-ce un personnage ?

Et oui… Mais qui suis-je ? Est-ce moi (Rires) ?


La question est de savoir qui est Allyson Glado…




Qui est la partie de toi dans cet album ?

Dans cet album, toutes les chansons sont en "je". Donc la question est "Qui suis-je ?". Et selon toi, qui suis-je dans l’album ?
Si toutes les chansons sont en "je" et que j’interprète des personnages dans toutes les chansons, la question est de savoir qui est Allyson Glado…


Donc il y a dans tous les titres présentés, un titre qui représente la vraie Allyson Glado ?

C’est ça, mais lequel ?


Bonne question. Tu laisses planer le mystère consciemment ?

Oui, oui…


Le titre de ton album "S-Moi" est ouvert à tout genre d’interprétation, ta volonté de laisser libre cours à l’imagination fertile des auditeurs ?

Oui parce que le message propre en lui-même parle beaucoup aux femmes et j’ai voulu entrer le côté sensuel qu’on n’a pas l’habitude d’écouter et j’essaie de le mettre en avant.


Justement cet album avec ces textes parfois crus est-il un album féministe ?

Pas du tout !


Tout n’est que sensualité 


Le mouvement #metoo apparu en 2017 suite à l’affaire Weinstein n’a pas eu d’effet sur cet album à défaut d’une prise de conscience ?

J’ai le gros défaut de ne pas suivre l’actualité donc je ne sais absolument pas ce qu’il se passe sorti des gilets jaunes…
Mais je ne parle pas du tout politique dans cet album ! Tout n’est que sensualité mais si tu veux parler de politique, tu remarqueras qu’il y a cinq morceaux qui sont politiquement corrects et cinq autres qui ne le sont pas. Je peux ainsi passer n’importe où (Sourire) !


A l’heure actuelle, nous nous sommes énormément perdus dans l’aspect commercial des chansons!


Certains de tes textes sont érotiques et tu l’assumes pleinement, aujourd’hui peu d’artistes féminines osent s’aventurer dans ce style qui était plutôt présent dans les années 70-80 voire 90 : on peut citer Guesh Patti avec ‘Etienne’, Mylène Farmer avec ‘Instant X’, ‘Libertine’... ressens tu cette époque très consensuelle, y compris dans la musique ?

Je pense qu’à l’heure actuelle, nous nous sommes énormément perdus dans l’aspect commercial des chansons et qu’il n’y a aucun artiste actuellement signé en maisons de disques qui dit vraiment ce qu’il pense ou qui montre son côté artistique. C’est peut-être de la dénonciation, c’est peut-être très méchant mais je pense qu’il est peut-être temps de changer les choses.


Tu nous as avoué jouer différents personnages dans cet album, que penses-tu réellement finalement ?

Je dévoile les tabous de toutes les personnes qui ne veulent pas spécialement dire s’ils aiment ou s’ils n’aiment pas. Si tu parles de la fessée, on va l’associer totalement à la fessée chez les enfants mais on ne parlera pas de la fessée dans un acte sexuel à proprement parler. Et la question est de savoir pourquoi alors qu’elle est légale ! On reste toujours dans une ambiguïté…
Et si tu prends ‘Mme Succès’, c’est la même chose. C’est une question d’ambiguïté : on parle à la première personne d’une prostituée qui a une double vie et qui l’assume pleinement mais pourtant de nos jours, on n’en parle pas beaucoup. Mais pourquoi ne pas traiter cela avec de l’humour et l’assumer ? Ça peut être drôle !


Ce n’est pas parce qu’un artiste dit quelque chose qu’il est ce qu’il écrit




Est-ce que les dérives de prostitution subie ou de violence conjugale ne font pas que cela devient un sujet tabou ?

Parce que d’un point de vue artistique, les gens associent les artistes à ce qu’ils écrivent. C’est ce que j’essaie de montrer dans cet album et les prochains : ce n’est pas parce qu’un artiste dit quelque chose qu’il est ce qu’il écrit.


Finalement on a le sentiment que si tu es plus qu’à l’aise dans ton univers, on a le sentiment que l’exercice de l’interview où tu dois te justifier te sied moins…

Ça ne me dérange pas mais sur scène, j’explique mes chansons et ça n’empêche pas toute une salle d’avoir un orgasme sonore et ça les amuse. Je fais comprendre au public par A+B qu’un orgasme n’est pas un tabou et du coup, tout le monde se marre, se charrie… On devrait être dans un pays libéré mais ce n’est pas le cas…


Je me heurte à beaucoup de critiques !



Tu penses que c’est plus libéré dans d’autres pays ?

Oui ! Au niveau artistique, oui mais au niveau de la vie de tous les jours, non ! Je me heurte à beaucoup de critiques mais ce n’est pas grave !


On parlait de politiquement correct, tu chantes ‘Politiquement Correct’, penses-tu que pour être aimé il faut absolument l’être ?

(Rires) A l’heure actuelle ? Pas nécessairement. ‘Politiquement Correct’ s’est fait un peu en rigolant parce que c’était la seule chanson que j’avais écrite de manière politiquement correcte et je ne voulais pas la chanter parce que ce n’était absolument pas moi.
Du coup, on l’a tourné de façon un petit peu plus intelligente et effectivement, on ne dit rien pendant toute la chanson et tout le monde se marre parce qu’on ne dit rien pendant toute la chanson.


Ça fait deux fois que tu dis que ton public se marre. On a le sentiment que ton show relève autant du spectacle de comédien que de la musique…

Quand tu vas voir un show d’un artiste aux Etats-Unis, il joue un minimum. En France, nous avons ce petit défaut : un artiste monte sur scène, prend le micro et ensuite, il ne se passe pas grand-chose ! Et des artistes de ce type, en France, il y en a énormément !


Sur le titre ‘Je ne sais ou je vais’, ton style de musique sort de l’ordinaire avec des rythmes reggae pop et cette trompette qui apporte cet aspect sensuel, cela marque ton souhait de ne pas faire comme tout le monde et de rentrer dans le moule, de créer ton propre son ?

C’était le but et encore une fois, quand on dit que mon inspiration vient du reggae, je confirme mais il est difficile à un artiste de reggae de jouer ce type de musique mais toutefois, j’ai réussi à en avoir quelques-uns (Rires) !


Comment en es-tu arrivé à travailler avec Serigne Diagne et quel est son apport sur cet album ?

On s’est rencontré avec Serigne Diagne sur une prestation de soirée bisexuelle de prévention contre le sida. Je ne chantais absolument pas de chanson érotique ou non, je faisais des reprises tout simplement. Il est venu un peu par hasard sur mes lives, il a vu que j’avais du potentiel et il a cru en moi. Depuis, il est venu dans le label, on a fait cet album : c’est improbable parce qu’il a joué sur des grosses scènes ! C’est ma chance !


Sans lui, tu ne serais pas là ?

Je crois… A partir du moment où j’arrive dans la musique avec très peu d’expérience, il faut absolument s’entourer de bonnes personnes et j’avais besoin de son expérience… même pour les lives, c’est tout un exercice : il ne suffit pas de monter sur scène et prendre le micro !


Si [TF1, France2, M6...] ne me prennent pas maintenant, ce n’est pas grave, plus tard, ça leur coûtera plus cher !




Tu as sorti beaucoup de singles avant ton album notamment ‘Politiquement Correct’ ou ‘La femme ElastiX’, comment ont-ils été accueillis par le public et les médias (radio...) ?

(Rires) Sur la sortie des trois premiers singles, on disait qu’il fallait que je fasse attention à ne pas être trop provoc’, il fallait me contenir… Et à un moment, j’en ai eu marre et j’ai donc fait tout le contraire. Je me suis dit si TF1, France2, M6… me veulent, ils m’auront artistiquement sinon ils ne me prendront pas et c’est pareil pour tous les programmes… Et si ils ne me prennent pas maintenant, ce n’est pas grave, plus tard, ça leur coûtera plus cher ! C’est super arrogant de dire ça mais je le pense réellement !


En 3 minutes, je suis capable de convaincre quelqu’un… alors qu’un artiste commercialisé en maison de disques n’est pas capable de  [le] faire!



Comment expliques-tu une telle confiance en toi ?

Je pense que ce que j’écris, mon flow est différent de tout ce que les gens ont pu entendre. Et je pense qu’en 3 minutes, je suis capable de convaincre quelqu’un… alors qu’un artiste commercialisé en maison de disques n’est pas capable de faire lever une salle en 3 minutes.


Et tu l’as constaté ?

Oui, dernièrement, pas plus tard que le 14 mars (Sourire entendu) !


[Une émission comme The Voice] peut être une bonne idée à partir du moment où artistiquement, ils m’acceptent.



On parle de convaincre un public. On va parler d’un public de pro, serais tu intéressée par faire des émissions comme The Voice qui pourraient te donner une grande visibilité ou n’es-tu pas prêtes à faire ce genre de concession et rester libre de ton projet ?

Je pense que ça peut être une bonne idée à partir du moment où artistiquement, ils m’acceptent.


Penses-tu qu’ils t’accepteront telle que tu es ?

Oui !

Malgré tout, ces émissions sont plus axées sur les performances vocales au détriment parfois de l’univers…

Oui mais qui gagne dans ces émissions ? Kendji, Slimane… ils ne sont pas dingues vocalement ! Concrètement, tous ceux qui hurlent dans le micro et qui font une première impression de fou, artistiquement derrière, au niveau de l’écriture… il n’y a rien !

Mon but ultime n’est pas devenir riche avec la musique. Mais regarde qui a signé récemment Universal ? Kalash qu’ils ont signé très cher parce qu’ils ont dû le refuser une première fois et aujourd’hui, ils viennent le rechercher et ça leur a coûté une blinde ! Il a eu raison de le faire…


Et tu suis son exemple…

Soit vous me prenez artistiquement avec des contrats convenables, soit ça sera plus cher plus tard…


C’est un pari assez osé finalement…

(Rires) Soit tu passes ta vie dans des cafés et des guinguettes et des trucs horribles et je suis passée par là au début… soit tu vois plus loin : l’Olympia, Bercy…


Toutes les comédiennes qui ont réussi sont toutes passées par le porno ! [...] Est-ce mal ? Je ne pense pas…




‘Mme Succès’ fait référence un peu à tout cela. Tu dénonces un peu des abus qu’il y a dans les milieux artistiques, est-ce un texte autobiographique et tires-tu ce texte d’expériences ?

Je me suis inspirée de tous les scandales de toutes les chanteuses, comédiennes… Toutes les comédiennes qui ont réussi sont toutes passées par le porno ! Ça a fait scandale et derrière, elles n’assument pas ! Je passe un message à toutes ces femmes : au contraire, il faudrait assumer ! Elles ont réussi leur chemin, elles se sont servi de quelque chose d’hyper tabou pour réussir : j’en ai fait une chanson qui s’appelle ‘Mme Succès’ qui est quelqu’un qui se vend pour réussir artistiquement ! Est-ce mal ? Je ne pense pas…


En tous cas, on sait désormais que ce n’est pas toi…

(Rires) ! En revanche, heureusement que le premier clip de ‘Mme Succès’ a été retiré de YouTube parce qu’il était très prononcé (Rires) ! J’ai changé, j’étais hyper provoc’ aux débuts…


Tu sembles dire que si le message reste le même dans le fond, tu as malgré tout un peu changé la forme ?

Il faut parce que ça peut choquer les gens et je ne suis pas là pour choquer les gens, on est là pour les faire rêver !
Je ne suis pas là pour les gêner mais juste leur donner un peu de piment pour les amuser !


Soit tu marques l’histoire une bonne fois pour toute et tu meurs avec ta dignité parce que tu as défendu le truc jusqu’au bout, soit tu fais Aya Nakamura…




Tu es consciente que malgré tout dans notre société actuelle, tu vas choquer/ gêner une grande partie du public ?

Oui, mais l’essentiel est qu’on parle de moi : ça signifie que j’intéresse les gens ! Si je les dérange, c’est très bien (Rires) !
Soit tu marques l’histoire une bonne fois pour toute et tu meurs avec ta dignité parce que tu as défendu le truc jusqu’au bout, soit tu fais Aya Nakamura…


Dans cet album tu es parfois moins directe, plus nuancée notamment dans la touchante chanson ‘Olympia’, est-ce l’illustration que Allyson a deux faces et que tu es bien plus complexe que ce qu’on pourrait percevoir de toi ?

Tout à fait ! ‘Olympia’ était le dernier morceau de l’album et ce n’est pas pour rien : c’est un appel -et d’ailleurs, Christophe de Dooweet l’a entendu- je veux cette salle et donc je l’ai mise en musique !


Et donc cela répond à la question fil rouge de cette interview : ‘Olympia’ n’est-ce pas la chanson qui représente la vraie Allyson ?

Peut-être (Rires) !


Suite à cet album, tu as prévu des concerts et qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre de toi en live ?

A beaucoup de rire… Si tu viens de la musique, tu vas rigoler pendant tout le live non pas pour te moquer mais parce que c’est du grand n’importe quoi : je prends à partie le public et je m’amuse avec tout le monde. Au-delà de la musique, je ne suis pas là pour me faire une promotion personnelle : on oublie beaucoup le public ! Or sans le public, je ne suis rien ! J’échange donc avec mon public…


Quelles sont les prochaines dates ?

Vous pouvez venir le 10 mai, je serai en acoustique dans le 12e et ce sera mon anniversaire : ce sera bien ! Du coup, on pourra faire ça dans la rue et ce sera encore mieux : je serai curieuse de voir si la police interdit ‘Chaleur Extrême’, voir si on a vraiment perdu la liberté des années 1970 que je n’ai pas connu. Que la nudité soit interdite : ok ! Mais si vocalement, on s’amuse à monter tout un chœur orgasmique dans une rue : est-ce illégal (Rires) ?


Rendez-vous donc le 10 mai… et finalement, qu’attends-tu de cet album : pouvoir faire ‘L’Olympia’ ?

C’est ça ! Mais on prépare le deuxième album qui va sortir à la rentrée…


Déjà ?

Oui, c’est bien un album par an !
Le premier album était "Qui suis-je ?".
Le deuxième est "Peut-être que je suis".
Le troisième sera "Je suis" et sera la consécration…
Si l’Olympia arrive au milieu de tout ça, c’est très bien !


J’évoluerai tout en gardant toujours ma signature.




On voit qu’il y a un concept mais à l’issue de ce troisième où tu auras tout dévoilé finalement, que pourras-tu dire de plus ? Ne crains-tu pas de tourner en rond à l’issue ?

On ne peut pas parce que dans notre vie, il se passe beaucoup de choses. On a notre adolescence, on devient adulte après, ça se trouve que je vais peut-être être amenée à partir au Brésil, que je vais rencontrer des Brésiliens qui font de la musique et que mon influence va complétement changer, j’évoluerai tout en gardant toujours ma signature.


On se rend également compte au travers de cette interview que tu es super ambitieuse…

Ouais, il faut…





Nous avons commencé par la question qu'on pose trop souvent, quelle serait celle que tu aimerais que je te pose ou à laquelle tu adorerais répondre ; je ne sais pas pourquoi, mais je sais que si la majorité des artistes bute sur cette question, ce ne sera pas ton cas ?

Pourquoi fais-je porter des cravates à mes musiciens ? Parce qu’ils arrivent toujours en retard (Rires)… Donc quand un musicien porte une cravate, c’est qu’il est arrivé en retard et Dieu sait qu’une cravate, c’est ridicule (Rires) !


Merci à Calgepo pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://difymusic.com/allyson-glado
 
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