MW / Accueil / Articles / INTERVIEWS - ELYOSE (03 octobre 2018)
TITRE:

ELYOSE (03 octobre 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL GOTHIQUE



Elyose nous présente sont dernier né: "Reconnexion" un troisième album cohérent et de qualité
OCERIAN - 09.10.2018 -
3 photo(s) - (0) commentaire(s)

Notre dernière interview date de 2015. Que s’est-il passé depuis pour le groupe ?

Pat : plein de choses forcément… Une grosse campagne de crowdfunding, une tournée européenne avec The Birthday Massacre et Sirenia (que nous avions croisés à l’occasion d’un fest aux Pays-Bas), un nouveau clip sorti le 4 septembre dernier, sortie d’un nouvel album à paraître le 27 septembre ; le tout saupoudré de quelques concerts ici et là...


Depuis nous avons couvert votre concert en 2016 à la Boule Noire pour une date uniquement féminine qui confirme s’il le fallait encore cette volonté de montrer que l’avenir du metal sera féminin ?

Justine : « uniquement féminine » c’est gentil pour les gars des groupes ! Plus sérieusement, je n’aime pas classer la musique par sexe et je n’estime pas que c’était une date féminine ou encore que nous faisons du metal « féminin ». Elyose c’est 75% masculin. Et si je devais prédire l’avenir, je dirais que toutes ces appellations (particulièrement en anglais avec « female-fronted metal ») sont amenées à disparaître puisqu’elles ne donnent pas d’information sur le style de musique. J’irais même jusqu’à les qualifier de sexistes.


Votre actualité est la sortie de ce votre troisième album intitulé « Reconnexion ». Pourquoi ce titre ? Pensez-vous vous être coupé de votre public à un moment donné ?

Pat : très loin de nous cette pensée, comme l’a démontré notre campagne de financement participatif qui nous a permis de recueillir plus que demandé !!! Ce titre est plus profond que cela et émane d’un constat tout simple : la planète, les gens, n’ont jamais été aussi connectés que de nos jours et pourtant 99 % de ces connexions sont de faux-semblants. Par ailleurs, sans tomber dans la sociologie de bac à sable, on s’aperçoit que quasiment tous les grands thèmes de société actuels sont terriblement clivants et divisent clairement les peuples et particulièrement les Français : libéralisme contre socialisme, culte de la réussite contre assistanat, pro-migrants contre racistes, pro-Europe contre nationalistes, vegans contre carnivores, vélos contre voitures, consommateurs effrénés contre partisans de la déconsommation-décroissance, économies budgétaires ou creusement de la dette, etc. etc. et on pourrait continuer comme ça sur deux pages (chasse, corrida, droits des animaux, climat, intervention en Libye, en Syrie...). Donc nous appelons officiellement (et vainement) cette humanité à une vraie « reconnexion » à sa planète et entre ses habitants (mdr).
Plus prosaïquement, nous nous sommes pas mal reconnectés tous les quatre pour écrire cet opus ; on se connaît très bien à présent et cet album est celui du PPCM (plus petit (voire grand) dénominateur commun), c’est-à-dire que rien, dans son contenu n’a pas reçu l’imprimatur des quatre membres d’Elyose (à la différence des deux précédents, où il y a parfois eu des choses assez personnelles et pas forcément toujours partagées par les trois autres). Pour cet album, dans les propositions des uns et des autres, lors du processus créatif, pour gagner du temps et éviter les frictions, rien n’a été avancé en sachant que, d’emblée, ça passera difficilement. C’est en ce que cet album est celui de la reconnexion musicale de ses membres.





Pour la première fois, le visuel ne présente pas Justine : est-ce que vous avez à moment pensé que le public résumait trop souvent et facilement le groupe à sa frontwoman ?

Pat : cette question ne nous a même pas effleurés tant le visuel que nous avons travaillé (il s’agit d’un travail de graphisme sur nos propres mains prises en photo) nous paraissait s’imposer ipso facto (humour...).


Justine, lors de notre dernière interview, tu disais que la définition que nous t’avions fournie metal electro pop te convenait si on retirait le terme « pop ». Pourtant, pour ce nouvel album, ton chant est parfois presque pop, assez éloigné des canons du metal : as-tu conscience que cet aspect pop marque l’auditeur ? 

Justine : notre single 'Mes 100 Ciels' a effectivement des sonorités pop qui viennent du bassiste du groupe, Ghislain. Je ne dirais pas que le reste de l’album en est complètement dénué mais ça reste une touche parmi d’autres, qui n’a pas assez d’ampleur pour qualifier notre style.


On a cité Mylène Farmer en comparaison, c’est une comparaison que tu prends bien ou non ?

Justine : en comparaison de quoi ? La musique, les textes, le chant ? Je pose cette question parce que je n’arrive à faire aucun rapprochement entre nous et cette artiste, dont je ne connais que quelques « hits ».


Penses-tu que le chant français est la raison de cette impression ?

Justine : aucune idée ! Il y a quand même beaucoup d’artistes qui chantent en français.





Pour l’album précédent vous aviez invité Floren d’Arkan, cette fois-ci ce sont plusieurs chanteurs dont Raf Pener et Mark Jansen. Est-ce que vous avez multiplié les invités et donc le chant masculin pour contrebalancer le poids peut-être trop important de chant de Justine ?

Justine : les invités apportent de la variation dans les émotions et parfois un peu d’agressivité à notre musique. Je pense notamment aux voix saturées que j’aime beaucoup personnellement.


Peux-tu nous raconter la rencontre avec Mark Jansen qui a plutôt l’habitude de côtoyer Simone ? C’est un honneur je présume de travailler avec un tel musicien ?

Justine : ah oui, c’est une grande fierté parce que c’est un artiste que j’admire ainsi que son groupe principal, Epica, qui fait partie de mes influences musicales. Mark ne travaille pas que pour Epica, il a un autre groupe nommé Mayan, avec lequel nous avons partagé l’affiche aux Pays-Bas récemment sur deux dates, et il accompagne aussi sa copine la chanteuse Laura Macri.
Il n’y a pas eu de rencontre à proprement parler pour la chanson puisque nous avons travaillé à distance, comme le font la plupart des groupes. J’ai eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois mais c’était hors boulot.


La production est assez soft. Elle ne met pas toujours (surtout dans la première partie de l'album) en avant le côté les guitares saturées pourtant très présentes. Est-ce un choix délibéré ?

Justine : je ne sais pas ce que signifie une production « soft ». Notre choix dans la production a été de mettre en valeur tous les instruments. Je n’estime pas que les guitares soient sous-mixées, si c’est ce que vous avez voulu dire.


Qu'est- ce qui vous pousse à travailler en particulier les bruitages ou les passages de voix parlée?

Justine : nous n’avons mis aucun bruitage dans cet album, à mon souvenir (contrairement au premier "Théogyne"). Pareil pour les voix parlées, il me semble qu’il n’y en a que sur le morceau 'Psychosis'.


'Psychosis' est en anglais. C'est assez rare chez Elyose. Vous n'étiez pas inspirés pour le français ou un choix pour explorer des pistes à l’avenir ?

Justine : Mark Jansen ne parle pas français, tout simplement.


La présence de la basse est assez extraordinaire notamment sur les couplets. Sert-elle souvent de base pour les compositions?

Pat : la basse est cet instrument mystérieux dont on s’aperçoit qu’il existe et occupe pleinement une partie indéniable du spectre acoustique… surtout quand il n’y en a plus... Curieusement, alors que dans les années 1970-1980, le support-roi de la production musicale était le couple disque-chaine HiFi aux basses ronflantes à 20-30Hz, on s’aperçoit que les supports audio d’aujourd’hui, i.e. le format MP3 et le baladeur du même nom couplé au casque intra-auriculaire (fourni avec), pâtissent d’un niveau de basses extraordinairement faible, sauf à disposer à côté d’un solide casque fermé. Bilan : les gens s’habituent à écouter de la musique sans basses et ont perdu le ressenti corporel des basses (allez à Bercy, vous comprendrez). Donc, oui, c’est vrai, on a fait un effort de revalorisation des fréquences basses, car elles donnent du plaisir !


Comment choisissez-vous les vocalistes invités et comment décidez-vous de poser ici un chant growl ou un chant plus clair?

Justine : j’ai tout simplement fait appel à des chanteurs que je trouvais talentueux. C’est moi qui les ai choisis parce que les voix c’est en premier mon travail. Les autres membres du groupe sont là pour m’aiguiller surtout, sauf Marc qui m’aide aussi sur les harmonies. Sur certains riffs, quand j’imagine tout de suite des voix saturées, je trouve dommage de me forcer à mettre de la mélodie alors qu’on est dans une autre sorte d’émotion.


Il y a assez peu de solos de guitare. L'intro de 'De Tout là haut' sort un peu du cadre habituel. Avez-vous la volonté de déstabiliser l’auditeur avec ce titre plus metal mélodique? 





Justine : je dirais plutôt qu’il s’agit du seul morceau de metal « symphonique ». Nous avons très peu utilisé d’instruments classiques jusqu’à présent (sauf sur notre premier album) et là, ils réapparaissent le temps d’un morceau. Il n’y avait en revanche aucune volonté particulière de « déstabilisation ». Notre seule volonté lorsque l’on écrit de la musique ou des textes, c’est de faire l’unanimité dans le groupe, ce qui n’est pas toujours une mince affaire.


Un titre comme 'Mes 100 Ciels' a-t-il pour objectif de vous ouvrir à un plus large public?

Pat : nous sommes humains tous les quatre et partageons ce trait propre à l’humanité qui d’être sensible aux choses pas forcément compliquées mais qui impactent rapidement. Ce morceau nous est venu en réponse à cette influence collective. C’est sans doute Ghislain qui est le plus sensible à la beauté des choses simples qui envoient bien le bois.


'La Veuve Noire' est certainement le titre le plus axé guitare et metal classique. Est-ce important pour vous de garder un pied dans ce style précis, moins électro?

Pat : je trouve ce morceau un peu punk dans son riff. C’est plutôt une première chez nous, ainsi que les voix graves de Justine dans les couplets. Tous nos morceaux ne sont pas électro effectivement.


‘Les Mots qui Viennent' peut un peu faire penser à Alice In Chains, ça vous parle?

Justine : nous ne connaissons pas vraiment ce groupe (qui est sans doute excellent...), désolée. Quoi qu’il en soit, nous défendrons le droit d’Alice de briser ses chaînes...


Qu’attendez-vous de cet album avec le soutien d’Elie Promotion ?

Justine : Élodie est une très bonne attachée de presse que je recommande à tous les groupes de metal ! Elle me permet de me concentrer sur mon travail et me rend la vie plus facile !


Plus d'informations sur http://www.facebook.com/pages/elyose/137497369644417
 
(0) COMMENTAIRE(S)  
 
 
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 15011
  • 15015
  • 15016
Haut de page
EN RELATION AVEC ELYOSE
DERNIERE CHRONIQUE
ELYOSE: Persona (2021)
3/5

“Persona” est un bon EP qui laisse trop peu entrevoir ce que pourrait être la personnalité de Elyose Mark II.
DERNIERE ACTUALITE
ELYOSE: Nouvel EP en février
 
AUTRES ARTICLES
EUROPE + KING KING - LE TRIANON - 27 SEPTEMBRE 2018
The Countdown is not over !
BLACK PEAKS (17 SEPTEMBRE 2018)
Après un premier album prometteur, les musiciens de Black Peaks sont venus nous présenter leur deuxième album, "All That Divides".
 

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2021