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| Album : Till We Have Faces - Groupe : Steve Hackett |
CD de Rock Progressif paru en 1994 sous le label Autre label
Nous sommes au début des années 80. Steve Hackett dispose d’un pied à terre familial au Brésil où il séjourne régulièrement. L’idée lui vient de s'inspirer de l’environnement géographique et culturel pour créer un nouvel opus musical. Ainsi, en même temps que Bay Of Kings, il publiera Till We Have Faces, un projet radicalement différent. Une mouture initiale, car en 1994, il propose une réédition modifiant sensiblement l’ordre des titres, et bénéficiant de l’adjonction de deux nouveaux morceaux hauts en couleurs, The Gulf et Stadiums Of The Damned. Toutefois la nouvelle galette conserve la même clôture, le très court When You Wish Upon A Star, et ne présente nullement ces titres comme des bonus. Et en effet, Steve a fait le nécessaire, car ils s’inscrivent totalement dans l’état d’esprit, en tout cas dans la couleur musicale du projet initial.
Difficile, il est vrai, d’attribuer un état d’esprit unique à ce projet, qui se révèle savamment cohérent dans sa diversité sonore et rythmique. Enregistré quasi intégralement au Brésil, dans une situation plus proche des moyens du bord que du confort d’un véritable studio (puis mixé en Grande-Bretagne), Till We Have Faces ne fait appel à aucun musicien habituel en dehors du fidèle clavier de Steve, Nick Magnus, et du batteur Ian Mosley. Le compositeur s’immerge ainsi dans ce contexte qui doit, plus qu’influencer le projet, en être l’inspirateur. Au final, l’album fera donc la part belle à la musique du monde, en l’occurrence ici des tendances latino-américaines très présentes, mais toujours sous la griffe rock et progressive de l’éclectique Steve Hackett.
Il faut donc prendre le temps d’ouvrir ses oreilles pour mieux comprendre les interconnexions des différents ingrédients de la recette. What’s My Name ouvre l’album sur une longue, très longue montée en puissance de percussions aux sonorités austères (ne vous-y trompez pas, il s’agit de tout, sauf d’un album acoustique !), pour parvenir sur la voix déchirante de Steve, lançant un SOS à la limite de la schizophrénie ("Qui suis-je donc ?"). Tout au long de l’album, l’auditeur sera tour à tour bousculé, bercé, envoûté par de sinueux chemins oscillant entre inspiration prog’ originelle du compositeur, jazz-rock/électro, exercices de style mêlant des genres opposés (notamment, Myopia qui embarque un enchaînement rock / classique / rock, fonctionnant à merveille), collisions de percussions latino (voire tribales) et d’envolées néo-progressives, mélodiques, atmosphériques, parmi celles qui sont plus largement présentes dans l’œuvre Hackettienne en période moderne, jusqu’aux considérations cérémonieuses voire symphoniques des nouvelles recrues de 1994. La puissance évocatrice est incontestable. Par exemple, Duel plonge l’auditeur dans une anxiété méticuleusement construite, identifiable... Rythmique, sonorité, texture vocale, absolument tout ici contribue à l’évocation visuelle de la mésaventure contée à travers les paroles: un énorme camion qui se profile, menaçant, dans un rétroviseur...
Alors, comment dégager la cohérence précédemment évoquée d’un tel amalgame de sons, d’idées, de cassures, de tirades musicales tour à tour mélodiques et expérimentales ? Il faut souligner pour cela la constance des prestations vocales de Steve, pour la plupart très haut perchées – on aime ou pas, La Palice en aurait dit autant – ainsi qu’un recours fréquent aux longues plages de guitares (quasi) saturées, marque de fabrique à laquelle on est habitué depuis le tout début de son aventure en solo. Steve est un artiste très lucide : il innove, tout en maintenant le cap.
Conclusion ? Si vous êtes fan et si vous ne possédez pas encore cet album, courez l’acheter – édition de 1994, bien sûr. Si vous voulez découvrir cet artiste, en revanche ce n’est sans doute pas l’album le plus accessible. Pour respecter l’ambivalence de ce constat, la note adoptera le (mauvais) compromis d’une évaluation situant la galette à la frontière du bon et du très bon.
Chronique écrite par Realmean le 29.10.2010
Groupes proches Abel Ganz, Anthony Phillips, Arz, Bolus, David Minasian, Franck Carducci, Genesis, Gordon Giltrap & Oliver Wakeman, John Hackett, Mehran, Mike Rutherford, Nick Magnus, Parzivals Eye, Riveryman, Squackett, Submarine Silence, Talisma, Tony Spada
Pistes 01. What's My Name - 07:04, 02. The Rio Connection - 03:19, 03. Matilda Smith-williams Home For The Aged - 08:04, 04. Let Me Count The Ways - 06:05, 05. A Doll That's Made In Japan - 03:56, 06. Duel - 04:48, 07. Myopia - 02:54, 08. Taking The Easy Way Out - 03:48, 09. The Gulf - 06:30, 10. Stadiums Of The Damned - 04:37, 11. When You Wish Upon A Star - 00:48
Formation Steve Hackett : Chant, Guitare, Koto, Etruscan Guitar, Marimba, Percussion, Harmonica Nick Magnus : Claviers, Batterie ian Mosley : Batterie, Percussion Rui Mota : Batterie Sergio Lima : Batterie Waldemar Falcao : Flûte, Percussion Fernando Moura : Rhodes Ronaldo Diamante : Basse Clive Stevens : Synthétiseur Kim Poor : Chant, Voix japonaise Sidinho Moreira : Percussion Junior Homrich : Percussion Jaburu : Percussion Peninha : Percussion Zizinho : Percussion Baca : Percussion
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