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| Album : The Beatles - Groupe : The Beatles |
CD de Pop paru en 1968 sous le label Apple Records
Quoi ?! Noter un album des Beatles à moins de 9, c’est possible ? Oui, c’est envisageable ! Et pourtant, qu’est-ce que j’ai pu l’écouter et l’aimer, ce “Double Blanc”, officiellement et sobrement nommé The Beatles ! Paru en 1968, entre Magical Mystery Tour et Yellow Submarine, il est pourtant un magnifique cadeau pour les fans des Fab Four : plus d’une heure et demie d’enregistrements, et le seul double album dans la carrière du groupe. Il représente la troisième meilleure vente parmi les LP des Beatles, après Sgt. Pepper et Abbey Road.
Alors, qu’est-ce qui cloche ? L’album a été composé en Inde, lors d’un séjour de méditation, dans un état de fièvre créatrice débridée dont les fruits seront utilisés jusqu’à la séparation du groupe. Les Beatles sont toujours à ce moment les fabuleux inventeurs qui nous ont donné Sgt Pepper ou Revolver (entre autres, évidemment) : John et Paul se retrouvent tous les après-midi, entre deux moments de méditation, pour composer, confronter leurs idées, et toujours évoluer. Délaissant le psychédélisme, les 4 garçons vont retourner vers un style plus rock'n'roll et décident d’enregistrer un double album : Ainsi ils pourront chacun mettre dedans littéralement tout ce qu’ils veulent. Ainsi chacun va laisser libre cours à son imagination et ses désirs, et ce sera même l’occasion pour Ringo de publier le premier titre qu’il a composé... en 1964 ! (Don’t Pass Me By).
Mais les sessions d’enregistrement vont se dérouler très différemment de l’enthousiasme qui avait présidé à la composition. Pour grande partie, la présence constante de Yoko Ono au milieu du groupe va être responsable de l’ambiance délétère qui va progressivement s’installer. Très rapidement, les membres du quatuor se retrouvent à enregistrer plus ou moins séparément, n’utilisant les autres quasiment que comme des musiciens de session ! Loin de la fusion qui s’était opérée lors de la captation de leurs précédents opus, nous assistons ici à une “personnalisation” des titres, John et Paul plus particulièrement tirent leurs compositions dans la direction qu’ils ont décidée de prendre. Le climat est tellement tendu que Ringo s’évade en Sardaigne pour prendre du champ : Paul tiendra d’ailleurs la batterie sur Back In The USSR et Dear Prudence. Au final, "The White Album" apparaît plus comme la très belle réussite d’une somme d’individualités brillantissimes que comme l’œuvre d’un groupe totalement solidaire. La cohésion se retrouve parfois miraculeusement, comme dans While My Guitar Gently Weeps, Birthday, Yer Blues , ou Helter Skelter.
Et c’est d’autant plus dommage que les individualités brillent de tous leurs feux ! Paul fait montre d’un éclectisme ahurissant, passant avec une facilité déconcertante du Rock (Back In The USSR), au Jazz (Honey Pie), au Hard-Rock avant l’heure (Helter Skelter, surprenant), au country western (Rocky Racoon), au pop-ska (Obladi-Oblada), au ragtime (Martha My Dear) et à la ballade acoustique (Mother Nature’s Son)... Quant à John, pas en reste, il innove dans les textes : Revolution 1 est le premier titre ouvertement politique du groupe, et il se met à nu dans des compositions très intimes (Glass Onion, Yer Blues, I’m So Tired). En plus, il innove musicalement : Hapiness Is A Warm Gun, avec ses nombreux changements de rythme et un passage polyrythmique, est quasiment progressif ! Il expérimente dans un collage sonore propice à toutes les élucubrations analytiques (Revolution 9, en réalité à peu près inécoutable !). Et George nous livre quatre morceaux tous très différents, avec Eric Clapton en guest-star dans un While My Guitar Gently Weeps inoubliable. Et Ringo soigne de plus en plus ses partitions de batterie...
En somme, à la réécoute, le Double Blanc n’est pas l’album que je conseillerais en premier pour aborder l’œuvre des Beatles. Il reste tout de même un prodigieux témoignage du génie créatif de ces individualités qui ont marqué l’évolution de la musique !
Chronique écrite par Abaddon le 18.04.2010
Groupes proches Alice Cooper, Bigelf, Chris, Deep Purple, Dynamo Bliss, Ghost Trains, Jeff Lynne, John Lawton & Diana Express, Kevin Ridley, Led Zeppelin, Lonny Ziblat, Manceau, Mojo Filter, Moon Safari, Mundy, New York Dolls, Ocean Colour Scene, Procol Harum, Research Turtles, Rhett Miller, Richard O'Brien, Smile, Tempus Fugit (Canada), The Brimstone Solar Radiation Band , The Happy Endings, The Head Cat, The John Lennon Song Project, The Lemon Clocks, The Moody Blues, The Move, The Source, The Who
Pistes 101. Back In The U.s.s.r. : 02:43, 102. Dear Prudence - 03:54, 103. Glass Onion - 02:18, 104. Ob-la-di, Ob-la-da - 03:09, 105. Wild Honey Pie - 00:53, 106. The Continuing Story Of Bungalow Bill - 03:14, 107. While My Guitar Gently Weeps - 04:45, 108. Happiness Is A Warm Gun - 02:43, 109. Martha My Dear - 02:28, 110. I'm So Tired - 02:03, 111. Blackbird - 02:18, 112. Piggies - 02:40, 113. Rocky Raccoon - 03:41, 114. Don't Pass Me By - 03:50, 115. Why Don't We Do It In The Road? - 01:42, 116. I Will - 01:46, 117. Julia - 02:54, 201. Birthday - 02:43, 202. Yer Blues - 04:01, 203. Mother Nature's Son - 02:48, 204. Everybody's Got Something To Hide Except.. - 02:25, 205. Sexy Sadie - 03:15, 206. Helter Skelter - 04:30, 207. Long, Long, Long - 03:04, 208. Revolution 1 - 04:16, 209. Honey Pie - 02:41, 210. Savoy Truffle - 02:55, 211. Cry Baby Cry - 03:02, 212. Revolution 9 - 08:21, 213. Good Night - 03:11
Formation John Lennon : Chant, Guitare, Claviers Paul McCartney : Chant, Basse, Claviers George Harrison : Chant, Guitare Ringo Starr : Chant, Batterie
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