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| Album : Witness To The Blues - Groupe : Joe Louis Walker |
CD de Blues paru en 2008 sous le label DixieFrog | Recommandé !
A bientôt 60 ans, on ne peut pas dire que Joe Louis Walker ait été avare en production discographique. En effet, en plus de ses interventions sur les disques d’artistes aussi variés que BB King, James Cotton, Taj Mahal, Bonnie Raitt, Ike Turner ou Huey Lewis (excusez du peu…), ce n’est pas moins de 20 albums solos que le bonhomme nous a offert depuis 1986. Voilà qui devrait donc rassurer ceux qu’un inhabituel délai de 2 ans entre sa dernière production en date (« Playin’ Dirty » - 2006) et cette 21ème offrande commençait à inquiéter. Joe Louis Walker est un troubadour du blues et il a pris le temps de prêcher sa bonne parole autour du monde, ce qui peut expliquer cette attente qui lui est bien vite pardonnée grâce au petit bijou qu’est ce « Witness To The Blues ».
Pour ce témoignage (Witness signifie témoin dans la langue de Shakespeare…), JLW s’est entouré d’une pléiade de références dans le genre. En premier lieu, c’est Duke Robillard qui s’occupe de la production de cet album et qui vient poser ses notes de guitare sur 5 de ses titres. La dream-team est complétée par le pianiste et claviériste Bruce Katz, le saxophoniste Doug James et le batteur Mark Teixeira, alors que le guitariste Todd Sharpville et la chanteuse Shemekia Copeland sont chacun invités sur un titre. A ceux qui annonceraient qu’il ne suffit pas de réunir de grands noms pour faire un grand album, nous répondrons qu’ils n’ont pas tort, mais que cet adage ne pourra pas s’appliquer à « Witness To The Blues ». En effet, cet album couvre un large panel de différentes palettes offertes par le blues, et à chaque fois avec une classe rarement égalée.
Dès les premiers accords d’« It’s A Shame », Joe Louis Walker prend le contrôle de nos émotions. La section des cuivres nous soulève de terre avec énergie alors que la voix de JLW nous rassure de sa chaleur gorgée d’émotion. « Midnight Train » vient nous confirmer que nous sommes bien sur les rails d’un voyage au pays de tous les blues avec son riff entraînant et ses guitares aux frontières du rockabilly. Avec « Lover’s Holiday », le blues-soul prend toute son ampleur avec le renfort de la voix de Shemekia Copeland. « Hustlin’ » résume parfaitement le message du blues, ainsi que les racines que le rock a planté en lui, avec ses guitares et son piano irrésistibles. Walker ralentit le rythme avec un « Witness » particulièrement poignant et émouvant, aux frontières de la soul et du gospel.
A peine remis de nos émotions que « Rollin’ & Tumblin’ » vient nous envoûter de son riff hypnotisant qui nous renvoie aux origines du blues, là où le message passe aussi bien par la musique que par des paroles elles aussi répétitives. Cette prédominance musicale atteint son paroxysme sur l’instrumental « Highview » où les guitares de Walker et de Robillard, renforcées par les claviers de Katz nous entraînent dans un tourbillon mélodique digne des plus grandes heures du Chicago-blues. Les deux compères six-cordistes nous emmènent même jusqu’aux racines du delta-blues dans tout ce qu’il a de plus épuré avec un « I Got What You Need » sur lequel Walker nous compte une histoire le long d’un chemin de terre dont les guitares soulèvent la poussière.
La diversité reste le maître mot de ce voyage initiatique, et la ballade « Keep On Believin’ » vient nous enjôler de ses accents gospel, avant que Walker ne ressorte la slide pour un retour vers les bases du blues sur « 100% More Man ». Et c’est sur le chaloupé « Sugar Mama » et son harmonica plein d’énergie que se termine une ballade dont nous n’avons pas vu passer les plus de 60 minutes.
Joe Louis Walker est donc le meilleur guide que nous puissions espérer pour nous faire découvrir le blues sous toutes ses facettes. Le troubadour n’a pas son pareil pour nous transmettre la diversité, la passion et tous ces sentiments qui font le blues. Blues sans lequel le monde musical ne serait pas ce qu’il est et dont Joe Louis Walker est un des ambassadeurs les plus chaleureux.
Chronique écrite par Loloceltic le 08.12.2008
Groupes proches BB King, Duke Robillard, Joe Bonamassa, John Lee Hooker, Lucky Peterson, Robert Cray, Robert Cray, Son Seals
Pistes 01. It's A Shame - 6:19, 02. Midnight Train - 4:19, 03. Lover's Holiday - 4:16, 04. Hustlin' - 5:19, 05. Witness - 6:10, 06. Rollin' & Tumblin' - 4:56, 07. Highview - 6:51, 08. I Got What You Need - 5:17, 09. Keep On Believin' - 4:30, 10. 100% More Man - 7:14, 11. Sugar Mama - 6:27
Formation Joe Louis Walker : Chant, Guitare, Harmonica Bruce Katz : Claviers Jon Ross : Basse Mark Teixeira : Batterie, Percussions Duke Robillard : Guitare Todd Sharpville (11) : Guitare Doug James : Saxophones Scott Aruda : Trompette Shemekia Copeland (3) : Chant
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[Vidéo (Youtube)] Joe Louis Walker - It's A Shame (Live)
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